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The kids are alright
Skate 03/08/2006 The kids are alright
Les voyages forment la jeunesse. Ou à défaut, ils passent le temps.
La façon d'aborder la planche à roulette est multiple et ne cesse de prendre des formes nouvelles. Pendant 20 ans, la relative confidentialité de cette pratique a obligé les skateurs à se débrouiller par eux-mêmes pour partir skater des nouveaux spots. Demander à ses parents la dépose minute au spot en voiture, prendre la nouvelle ligne 2 du métro pour aller jusqu'à 4 Cantons, prendre un billet de TER pour aller dans le seul skatepark de la région, promettre au grand-frère de ne plus rentrer dans sa chambre sans frapper contre un aller-retour au spot ou tenter le stop à 16 ans, tout ça, ça apprend pas mal de choses (notamment l'auto-défense dans le train) mais c'était parfois un peu pénible : il commence souvent à pleuvoir quand on fait du stop.
 
Depuis quelques années, une nouvelle génération est apparue et en a forcément créé une plus ancienne. Qui prend soin de la dernière. Plusieurs asso et écoles se sont formées et proposent aux nouveaux skateurs des semaines de vacances (les skate camps) ou des excursions sur des nouveaux spots. C'est ce qui se passait fin juin avec l'asso Paris Skate Culture : les skateurs parisiens avaient alors à leur disposition un bus pour aller passer une journée au nouveau park du Havre. Ce n'est d'ailleurs pas réservé aux enfants, tous les skateurs peuvent y prendre part. Le but, c'est de partir comme en colonie de vacances, de rencontrer d'autres skateurs et de profiter des avantages de ce genre de voyage en groupe : on peut dormir deux heures et être déposé sur le spot après le somme. Et des inconvénients : on ne peut pas dormir deux heures parce que les mômes courent dans tous les sens dans le bus et être déposé sur le spot. Enfin.
Contrairement à l'époque du solitaire, on n'apprend pas le sens de la débrouille (tout est pris en charge par Rémy, le G.O.) mais on comprend que les gamins d'aujourd'hui ne sont pas forcément des obsédés de Tony Hawk sur PS2, comme s'en plaignent certains adeptes du c'était-mieux-avant.

Le skate se démocratise, son accès y est de plus en plus facilité, les poseurs se font nombreux sur les spots, l'apprenti boulanger te demande de faire un 3.6 flip à froid le matin quand tu passes devant et le monde change. Eh ouais. Mais les parents n'inscrivent toujours pas leurs enfants au club de skate comme on les inscrit au tennis. Il reste de l'espoir pour les keep it real.

Voir la vidéo pour avoir une idée de l'ambiance de ce bus trip.
 
Les locaux au Havre
 
Antoine Perrin fait sa biatche.
 
Après une entorse, marre de vivre. on fait moins le malin après une journée de skate
 
 
Photos : Remy Walter et Pif
Vidéo et texte : Pif.
 
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