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| 19/10/2006
Chronique vidéo : Wassup Rockers
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Le film de Larry Clark en chronique, ce n'est pas du skate, c'est mieux que ça. |
Producteur : Glass Key/Henry Winterstern, distribué par MK2 éditions. Réalisation : Larry Clark La bande à Colt Seaver : Jonathan Velasquez, Fransisco Pedrasa, Milton Velasquez, Usvaldo Panameno, Eddie Velasquez, Luis Rojas Salgado, Carlos Ramirez, etc.... Genre : Day in the life Durée : 107 mn Prix : 20€
En gros : On ne peut évidemment pas chroniquer ce film comme si c'était une vidéo de skate. On ne peut pas non plus passer à coté sans en parler. Mettons tout de suite les choses au point : Wassup Rockers n'est pas un film sur le skate, mais un film AVEC du skate. Du skate comme passe-temps parmi d'autres dans la vie de quelques ados d'un ghetto de L.A. OK, ils n'en ont que deux, des hobbies, le skate et fourrer leur quequette dans un endroit chaud, mais c'est justement ça qui fait l'acuité de Larry Clark : ne pas poser un regard d'adulte sur l'adolescence, juste laisser la caméra se promener chez eux. Évidemment, le scénario est écrit et la vie de ces sept latino-américains est romancée, mais la majorité des scènes viennent d'histoires racontées par les skateurs à Larry Clark pendant l'écriture du film. Ce qui provoque forcément un ultra-réalisme très caractéristique chez le réalisateur (Bully, Kids, Ken Park). La jeunesse contemporaine est depuis longtemps une obsession chez lui. Rarement auteur cinéma aura été plus tourné vers l'adolescence et aura aussi brillamment réussi à retranscrire sur bobine les attentes et les angoisses de cette catégorie de la population. Qui est certes bien connue par les ados eux-mêmes pour la vivre au quotidien, mais qui est souvent une (re)découverte pour les adultes qui vont voir ses films.
La pertinence de son propos se retrouve aussi bien dans le fond que dans la forme. Il filme ses scènes avec l'excitation propre à l'adolescence : urgence, couleurs, action. Ce qui explique le coté clippé de ses images. Mais là où le clip va vite pour donner un maximum d'informations visuelles jusqu'à l'abrutissement parfois, Clark laisse s'exprimer ses sujets pendant de longs moments, pour que l'immersion dans leur monde soit d'une part émotionnellement forte et d'autre part informative. Comment réussit-il par exemple à rendre plausible une scène de séduction jouée par des acteurs qui n'en sont même pas ? Comme dans chacun de ses films, plus que le coté spectaculaire des histoires, qui, pour moi, font partie de la forme et non du fond, Clark insuffle suffisamment de crédibilité et de vie pour que son spectateur adulte soit transporté dans son propre passé. À condition de ne pas avoir un passé trop chemise-vichy-chaussure-bateau, évidemment.
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Par rapport à ses précédents chapitres, Larry Clark a adouci sa fable. Moins de pathos et plus d'aventure burlesque. Pour épaissir son histoire, il continue d'y coller quelques points de conscience politique, mais sur les 3 ou 4 (qui n'échappent pas à la première vision, sûrement y en a t'il d'autres), il se trompe sur l'un d'eux. Dans une scène de confrontation avec un policier, il confond racisme primaire et phobie de la différence et de l'insouciance que les skateurs, qu'ils soient blancs ou noirs, connaissent de toute façon et de manière indifférenciée. Mais comme c'est simplement au visionnage des bonus que Clark s'exprime sur ce point, on ne peut que se réjouir du résultat dans le film : cette scène est l'une des plus drôles du film.
En résumé, Wassup Rockers n'est pas un film sur le skate mais paradoxalement, c'est un des meilleurs films de skate, toutes vidéos confondues. Parce que c'est l'un des seuls à pouvoir embrasser la culture dans son ensemble. Tout y est : le besoin d'aventure, la recherche de spot, la timidité, les galères d'une journée dans la rue, les filles, le sexe, la défiance du voisinage, les moqueries, les soirées, l'insouciance, la découverte... Et –cerise sur le ghetto- tout ça est TRÈS beau. Ne parlons même pas de la bande son... Ce n'est pas du skate Hollywood qu'on a ici.
À vendre en DVD à partir de cette semaine.
Envie de skater : 10/10 et à fond de caisson, même.
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pif.
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Pour info, des planches, casquettes et tee-shirts sont à gagner sur www.sooruz.com. Le DVD est aussi en vente en ligne sur le site http://www.sooruzstockshop.com.
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