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| 03/06/2002
Sécurité - part 4
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4ème et dernier chapitre de notre dossier sécurité : tordre le cou à quelques idées fausses trop largement répandues. |
I D E E S F A U S S E S |
| Non, les plaques ne sont pas faciles à reconnaître. |
Les avalanches de plaques sont à l'origine d'environ 80 % des accidents d'avalanches. Ces avalanches sont facilement reconnaissables : dans la zone de départ, la cassure de l'avalanche est linéaire. Par contre, la plaque elle-même est souvent très difficile à reconnaître. Contrairement à ce que vous avez peut-être déjà entendu, une plaque de neige n'est pas forcément dure, ni de couleur mate, et ne sonne pas forcément creux. Vous avez en effet sans doute déjà entendu parler de plaques friables et de plaques dures. Ces appellations traduisent le fait qu'une plaque de neige peut être constituée de différentes qualités de neige, depuis une neige poudreuse (d'autant plus dangereuse qu'elle est attrayante car agréable à skier) jusqu'à une neige dure. Il ne faut donc pas se fier à l'apparence de la neige de surface pour essayer de détecter une plaque. Rappelez-vous également que les plaques ne sont pas seulement "à vent", mais qu'elles peuvent aussi se former en l'absence complète de vent. Enfin, que ceux qui pensent que les plaques à vent ne se trouvent que sur les versants sous le vent des vents dominants gardent en mémoire que le vent a une fâcheuse tendance à tourbillonner en montagne...
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| Il n'a pas neigé depuis longtemps donc ça ne craint pas : faux. |
En effet, la neige récente, celle qui vient de tomber, met un certain temps pour se tasser, se stabiliser et se lier à la couche qui est en dessous et, plus il fait froid, plus cela prend de temps. Ce sera particulièrement le cas des pentes qui ne voient pas beaucoup le soleil (faces Nord par exemple). La règle des trois jours (" il faut attendre trois jours après une chute de neige avant de sortir ") n'est donc pas à prendre au pied de la lettre car il est difficile de prévoir avec certitude combien de temps dure l'instabilité du manteau neigeux après des chutes de neige. Par ailleurs, les plaques à vent se forment sous l'action du vent. Il n'est donc pas nécessaire qu'il neige pour que ce type de plaques se mette en place.
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| Des avalanches, même quand il y a peu de neige. |
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"Il n'y a pas beaucoup de neige, donc ça ne craint pas !". Attention, ce raisonnement est faux. Le risque d'avalanche ne dépend en effet pas directement de la hauteur de neige qui recouvre le sol de nos montagnes. Il est beaucoup plus fonction de la solidité des liaisons entre les différentes couches de neige qui constituent le manteau neigeux. Attention, donc, à ne pas se laisser influencer par un faible enneigement. (Les statistiques montrent même que les hivers faiblement enneigés sont parmi les plus meurtriers)
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| Avalanche : même une petite pente peut être dangereuse. |
On entend dans certains cas dire : "c'est bon, c'est une petite pente". Et même si ce raisonnement n'est pas fait consciemment, la faible taille de la pente que l'on veut descendre ou monter provoque généralement une baisse de notre prudence. De nombreux rapports d'avalanche relatent des accidents sur des pentes aux dimensions réduites : attention, même une petite pente peut être dangereuse ! Prenons par exemple une plaque de neige de 50 m de large, de 10 m de longueur et de 20 cm d'épaisseur. Nous sommes d'accord pour dire que sa taille est faible. Elle représente malgré tout un volume de 100 m3, soit 10 à 30 tonnes de neige, en fonction de la qualité de cette neige. C'est largement suffisant pour recouvrir une personne et l'ensevelir totalement. De plus, on peut décéder par asphyxie ou par hypothermie, même sous une faible épaisseur de neige. Par ailleurs, même s'il n'y a pas ensevelissement de la victime, cette masse neigeuse en mouvement peut entraîner un homme et être à l'origine de blessures plus ou moins graves, voire mortelles (chocs contre les blocs de neige, contre des rochers ou des arbres, saut de barres rocheuses, chute dans une crevasse).
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| Avalanches et forêts. |
Le sentiment de sécurité que la forêt procure souvent peut en effet être faux. La forêt est utilisée comme élément de protection des villages et des habitations en montagne, contre les avalanches depuis longtemps. Mais la protection qu'elle offre au skieur ou snowboarder est beaucoup moins nette, voire illusoire, à tel point que l'on dit souvent que la seule forêt sûre est la forêt qui est tellement dense qu'il n'est pas possible de skier dedans. Il faut distinguer les forêts d'arbres qui gardent leurs feuilles en hiver, des forêts d'autres arbres. En effet, les branches des épicéas et des sapins, qui gardent leurs aiguilles même pendant l'hiver, interceptent la neige pendant sa chute. Lorsque que la quantité de neige qui se trouve sur les branches devient trop lourde, les branches ploient sous le poids de cette neige, et la laissent tomber sur le sol. Si la température n'est pas trop basse, ce sont donc généralement des paquets de neige lourde, déjà transformée, qui viennent s'accumuler et se tasser sous l'arbre. Cette neige est donc le plus souvent relativement bien stabilisée. Par contre, les feuillus et les mélèzes perdent leurs feuilles et aiguilles pendant l'hiver. L'interception de la neige pendant sa chute est donc quasiment nulle, et le manteau neigeux qui se trouve sous de tels arbres est très semblable à celui qui se dépose en terrain découvert. La forêt n'empêche donc pas systématiquement le départ d'une avalanche, ni n'arrête une avalanche partie de plus haut.
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| Il y a aussi des avalanches au printemps et en été. |
Ça y est, la saison des sports d'hiver est maintenant presque terminée. Avec l'été vont venir d'autres formes de pratique de la montagne, mais au gré de la météo et de l'altitude à laquelle vous vous promènerez, vous pourrez encore rencontrer de la neige. N'oubliez donc pas ce que nous avons vu ensemble à l'occasion de ces chroniques. En effet, il y a aussi des avalanches au printemps et en été. Il suffit qu'il y ait de la neige sur une pente, pour qu'un risque d'avalanche existe. Il sera évidemment plus ou moins fort en fonctions des conditions nivo-météorologiques et de la topographie, comme vous le savez maintenant. Ainsi, s'il y a chaque année, en moyenne, trente décès par accident d'avalanche en France, on en déplore environ 25 % pendant la période précitée. Il ne s'agit donc pas d'un phénomène marginal. Conservez donc vos bonnes habitudes hivernales : informez-vous avant de partir, soyez équipés de l'ensemble ARVA-pelle-sonde, soyez vigilant sur le terrain, et n'hésitez pas à faire demi-tour en cas de doute.
Phil
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