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Revenir après une blessure
Ski 05/07/2008 Revenir après une blessure
Vanessa Colletta nous raconte son parcours du combattant...
Vanessa s'est blessée en Avril 2007, puis à nouveau en décembre. Une blessure qui l'a empêchée de skier pendant plus d'un an, alors qu'elle était l'une des meilleurs rideuses de la scène française et internationale. Vaness' nous raconte cette année de doutes et de remises en question, elle nous fait vivre ce cap dans sa carrière et les étapes de sa rééducation. Magnéto.
L’accident.

15 Avril 2007, Whistler, finales du WSI (World Ski Invitational NDRL). Avant les phases finales du contest de rail (je m’étais qualifiée en étant dans les 3 premières), je m’entraînais avec Kevin Rolland. A force de le voir rentrer des 450 in sur le descente-plat-descente, je me suis dit qu’avec ce trick, je pouvais gagner le contest. Comme j’étais en forme, j’ai testé cette figure lors des trainings, posant le trick à la première tentative. Mais en sortie de rail, mon ski a légèrement « accroché » et mon genou a vrillé à la recep’, avec un « clac » sonore. Je suis restée scotchée au sol et j’ai tout de suite senti que ce n’était pas un petit bobo.
Ma saison était foutue, je l’ai su tout de suite, et ça me faisait plus mal encore que la douleur au genou. Diagnostic : Rupture du ligament croisé antérieur (LCA).
La FFS m’a conseillé de me faire rapatrier en France pour mon opération plutôt que de me faire opérer au Canada. Tout s’est ensuite passé très vite, mais cela m’a semblé durer une éternité entre les rendez vous chez différents médecins, chirurgiens, radiologues, anesthésistes…

 
La rééducation
Vaness' garde le sourire... J'ai été opérée à l'hôpital sud de Grenoble, puis je suis ensuite partie au CERS de Cap Breton (centre de rééducation pour les sportifs NDLR) pour ma rééducation. Deux mois au total, deux mois de doutes et de frustration. Mais ce n'était que le début, puisque pendant 6 mois, j'ai passé 6 heures par jour chez le kiné et à la salle de muscu. M'être blessée en fin de saison m'a fait relativiser : j'ai pu faire ma saison et j'allais être prête pour l'hiver d'après ! Mais penser tout l'été à mes potes qui ridaient sur les glaciers était super frustrant. J'ai beaucoup douté et on se sent très seule dans ces moments là. Je ne compte plus les fois où j'ai pleuré. Même si de nombreux pros ont réussi à revenir à leur meilleur niveau après une grosse blessure, j'avais peur. Peur de ne plus réussir ce que je savais faire auparavant, peur de ne pas revenir, peur d'avoir peur...

Je comptais les jours qu'il me restait à passer loin de la neige. Jamais je n'ai pensé à arrêter, au contraire, j'avais très envie de reprendre le ski et la compétition pour revenir plus forte. J'ai profité de cette période pour travailler mon mental avec l'appui d'un sophrologue qui m'a notamment fait travailler la visualisation de mes tricks. J'ai pu reprendre le ski au Mondial du Ski et j'étais ravie de retrouver la sensation du toucher de neige. Après tous ces doutes et ces mois de frustration, j'étais vraiment surprise et rassurée. La reprise s'est très bien passée et j'ai pu re-sauter quelques jours après, en retrouvant mon niveau finalement assez rapidement. Mais je me suis sentie sans doute trop confiante puisqu'à peine 4 semaines plus tard, ma greffe lâchait.

 
Repartir à zéro

C’était un jour de poudreuse, en début de saison à Val Thorens. En sautant une barre, j’ai fait une mauvaise réception et mon ligament s’est à nouveau rompu. Pour la seconde fois, après 6 mois de privations, de douleurs et de doutes. Ce coup là, j’ai hurlé de douleur…je n’ai jamais eu aussi mal. Psychologiquement, c’était très très dur. J’ai tout d’abord ressenti un sentiment de haine contre le ski et je n’arrêtais pas de répéter que je ne chausserai plus jamais les skis. Rien que de vous en parler…j’en ai encore des frissons. Puis c’est passé et je suis repartie pour le parcours du combattant. Chirurgien, opération, rééducation. Mais ce coup ci, j’ai vraiment souffert. Au réveil de l’opération, on m’a annoncé m’avoir opéré deux fois au lieu d’une. Le premier greffon ne tenait pas ! Ils m’ont d’abord pris 1/3 du tendon rotulien pour le mettre à la place du ligament croisé et pour renforcer le tout, ils ont aussi prélevé dans un tendon de la cuisse, et vissé l’ensemble dans le tibia et le fémur.

 
De retour au CERS
Vaness et son petit frère Jérémy, à la clinique. Et en forme ! Enfin, ça allait. A vrai dire, j'avais encore du mal à réellement me rendre compte de ce qui se passait. Et puis le CERS c'est une vraie colo, ou une sorte de Club Med des éclopés! Donc ça entretient le moral... C'est au retour de CapBreton que mon moral a dégringolé, ne pas être sur les skis en plein hiver était impensable. Le plus dur était d'avoir mon coach (Greg Guenet ndlr), Kevin Rolland ou Xavier Bertoni régulièrement au téléphone. Ils me racontaient leurs trips aux US, leurs performances en contests... J'étais loin de tout ça et c'était très frustrant. Ma routine était rythmée de rencontres avec le coach sportif des Ménuires et mon kiné. Mais avec le temps, il fallait bien que je me fasse une raison et j'ai voulu prendre les choses en main en restant positive. En avril, j'ai eu un véritable déclic : je ne voulais plus pleurer sur mon sort, mais plutôt me dire que j'allais faire de cette épreuve de la vie, une étape dans ma carrière. Retirer des choses positives de cette expérience pour revenir encore plus forte sur des skis, avec plus de recul...
 
Dépasser les doutes
Aujourd'hui, l'attente reste toujours aussi longue mais dans ma tête, je résonne différemment. J'arrive à faire d'avantage preuve de patience et je ne cherche plus à griller d'étapes avant de retrouver mon niveau. Je profite de mon temps pour faire des shooting « mode » avec Roxy, organiser ma carrière, et faire d'autres choses pour lesquelles je n'avais pas assez de temps auparavant. Tout est une question de mental et je pense avoir franchi le cap. Et surtout, je reste toujours autant déterminée !

En ce moment, pour me changer les idées, j'ai troqué ma tenue de rideuse pour une tenue de « ice-cream girl » à Annecy. Je pense que l'été va passer très vite et j'aurai de nouveau le droit de rechausser les skis au Mondial du Freeski (fin octobre). J'ai hâte mais j'ai pas envie de faire n'importe quoi ce coup-ci, donc je vais y aller progressivement. La suite, je l'ai bien sûr en tête...mais je vous en dirai pas plus ! J'en profite pour remercier mes proches, car sans eux je ne sais pas comment j'aurais pu avoir la force de vivre tout ça : mes parents, mon petit frère Jérémy et mes amis proches ( Orianne Bérard, Mitch (alias Kévin Rolland) ma Mel (Mélanie Lenoir, sa team manager), mon coach, la ptite pedrett et tous les autres qui ont toujours été là pour moi...Ce sont tous des « bombos johnn's faya man..ouais GROS! »(ça c'était une petite dédicace impérative !)


Propos recueillis par Lucy Paltz




 
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