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Jean-Jacques Roux
Snow 04/11/2005 Jean-Jacques Roux
Tous ceux qui ont vu rider JJ au moins une fois se souviennent forcément de lui. Ce mec attire l'œil. Sur un kicker, un park ou dans un pipe, JJ envoie toujours très très gros, et fait preuve d'une maîtrise technique rare en France.

Enfin, Jean-Jacques Roux sur Agoride. Cela faisait un moment qu'on se disait que ça serait bien de publier un sujet sur l'un des riders les plus puissants et les plus prometteurs de la scène pro française. Mais les semaines s'enchaînent, puis les mois, les saisons, les années vous connaissez la chanson. Alors à chaque fois, on se trouve une bonne excuse pour justifier le fait de n'avoir encore rien écrit sur JJ. Le manque de photos, de temps, le back-office défaillant, le réchauffement de la planète, la guérilla urbaine ou encore plus récemment les offres promotionnelles irrésistibles d'Opodo qui nous arrachent de notre devoir d'information de l'internaute. Quoi qu'il en soit, les inquiétudes alimentaires finissent tôt ou tard par refaire surface (à moins que cela ne soit ce qu'on appelle la conscience professionnelle ?) ce qui, l'un dans l'autre, n'est pas une si mauvaise chose. La preuve, vous êtes là, et dans quelques 6744 caractères espaces non compris, vous serez incollable sur l'un des riders français les plus doués de son époque.


Nom : Jean-Jacques Roux
Age : 21
Home : Gap
Sponsors : Nitro, Atmosphere, Spy, Woodwarf

 
Agoride : Le snowboard, comment ça a commencé pour toi ?
Jean-Jacques Roux : J'étais tranquille dans ma petite contrée de Pelvoux, où il fait bon vivre et où les marmottes copulent tranquillement au soleil. Je commençais à me faire chier sur mes deux skis (comme beaucoup d'entre nous) et j'avais envie de faire du snow, alors j'ai obligé ma mère à me louer une board. Résultat, je me suis cassé le bras au bout d'une demi-heure à cause d'une faute de carre back, j'étais trop dégoûté. L'année suivante, avec mon frère, on s'est chacun acheté une board et on s'y est mis à fond. Les conditions étaient idéales pour apprendre, beaucoup de neige fraîche, du soleil, le paradis.

A : Tu viens des Hautes-Alpes. L'ambiance des Alpes du Sud est-elle différente ?
JJR : Je ne sais pas trop, je ne connais presque pas les Alpes du Nord. Je sais juste que chez nous l'ambiance est bonne, et qu'on a la motive. Je pense que dans le nord c'est pareil, avec un peu moins de soleil que chez nous (rires).

A : Avec quels snowboarders as-tu l'habitude de rider, et dans quelles stations ?
JJR : Je ride ma petite station secrète de Pelvoux quand il vient de neiger, avec mon cousin et mon frérot. Sinon je ride autour de Gap, avec le crew Atmosphère (Bruno, Gaby, Sully et Brynild), et un peu aux 2 Alpes et aux 7 Laux quand les parks sont bons.

A : Quand as-tu réalisé que le snowboard pourrait devenir plus qu'un hobby ?
JJR : Quand j'ai vu mes potes galérer pour trouver du boulot et gagner trois fois rien ! Moi, j'ai l'opportunité de gagner un peu d'argent en ridant et en m'amusant, alors je fonce. Je suis poussé depuis que j'ai 13 ans par un shop gapençais, Atmosphère. Le patron, Gros Jo, a toujours cru en moi, et c'est un peu grâce à lui que je suis arrivé là où je suis... Et un peu grâce à moi aussi (rires).
 
A : Cela a-t-il modifié ta façon de voir le snowboard ?
JJR : Oui car je ne me souciais pas de voir tout ce qu'il y avait derrière tout ça. Je ridais, je ne comprenais rien au snow business, et je m'en foutais. C'est un peu plus clair aujourd'hui.

A : N'y a-t-il que des avantages à être payé par des marques pour rider ?
JJR : C'est une grande chance d'être payé pour rider et se faire plaisir. Mais tu as quand même des obligations et tu n'es pas toujours le petit oiseau libre qui fait ce qui lui plait. Le sponsor garde un œil et un certain contrôle sur toi.

A : En tant que pro, quels sont tes principaux objectifs pour l'année à venir ?
JJR : Serrer plus de meufs que les autres mecs !!! Je plaisante. Je veux rider, me déplacer sur les évènements, faire des TTR, rafler des price-money et avoir une bonne part de snow et skate en vidéo. Je vais aussi essayer de shooter un max de kickers en backcountry si les conditions le permettent. Là, je pars un mois et demi aux States, à Mammoth. C'est important pour moi, je vais pouvoir rider tous les jours ou presque, à mon rythme.

A : Et à plus long terme ?
JJR : Me faire cryogéniser avec Chubaka et partir à l'autre bout de l'univers rider des spots incroyables où personne n'ira jamais.
 
 
A : Outre le niveau de ride, quelles sont, selon toi, les clés de la réussite dans la carrière d'un pro-snowboarder ?
JJR : Je dirais la confiance, la santé, l'organisation et l'humilité. Mais je crois aussi qu'il faut avoir une grande bouche et savoir se vendre. Il y a des gars qui ont des purs contrats même s'ils sont mauvais, car ils véhiculent une image qui intéresse les marques. S'ils font bien leur boulot, et s'ils sont bien médiatisés, ils n'ont pas besoin d'avoir un pur niveau en snow pour gagner de quoi vivre. Je pense aussi qu'il faut avoir les crocs et ne pas attendre que les choses tombent toutes seules.

A : Toujours dans le même registre, selon toi, quelles sont tes qualités ?
JJR : J'ai entièrement confiance en mon potentiel, je veux progresser, et je sais que je suis capable d'y arriver si je me bouge.
 
A : Quels sont tes points faibles ?
JJR : Heu... je laisse un peu trop les choses se faire toutes seules, parfois je suis passif.

A : Et les contests ?
JJR : Je n'en fait pas beaucoup, mais en général ça se passe bien, surtout quand il y a mes potes gapençais. On se met toujours la motive.
J'aime les slopestyles où tu enchaînes plusieurs tables, et s'il y a un petit hip derrière, c'est parfait. Je fais aussi du pipe, j'aime bien.

A : Quels sont les pros qui t'ont influencé ?
JJR : Peter Line dans le film Melt Down Project (1995-NDLR). J'ai des frissons quand je regarde sa part, avec la musique c'est magique. Et aujourd'hui, tous les mecs de mon age qui déchirent tout et qui font des doubles back flips : Eero Etalla, Heikki Sorsa, JP Solberg...

A : Tu as commencé à voyager aux U.S. Est-ce que tu te verrais vivre tout un hiver là-bas ?
JJR : Pourquoi pas. Je pense que ce serait bien pour moi, dans le sens ou je pourrais rider toute l'année dans des purs parks, être sur des pires spots. Après, partir seul, c'est peut-être compliqué, il faut être plusieurs pour squatter, sinon, c'est trop cher. Mais je pense que ça pourrait être une bonne aventure et j'y songe.
 
A : Tu te sens plus proche de l'approche U.S ou européenne du ride ?
JJR : Dans le milieu du freestyle, beaucoup de ricains sont à fond de style, de hip- hop, de ghetto et de jib. Dans les parks ricains, le hip-hop tourne en boucle. Moi je préfère les jolies montagnes, les kickers dans la peuf, et le rock'n roll. Après, je ne sais pas si mon approche est plus européenne que ricaine. Je pense que oui, mais je ne sais pas trop car rider dans leurs parks est assez incroyable. Ce n'est pas pour rien que beaucoup de riders vont là-bas. Les ricains ont de purs parks, il y a une bonne ambiance, ils ont compris ce que les riders attendent, et là-dessus, ils ont beaucoup d'avance sur nous à ce niveau. Quand il n'y a pas neige chez nous, je préfère être chez les ricains.
 
A : Quel est le genre de tricks que tu préfères rentrer ?
JJR : Tous les tricks, en poudreuse, lors d'une journée bien ensoleillée où la neige sera dorée grâce à mon écran jaune. J'aime rider quand le paysage est accueillant, et j'aime rentrer tous mes tricks, sinon, je ne suis pas content.

A : On dit que tu es largement aussi fort en skate qu'en snowboard. As-tu déjà eu à choisir entre les deux ?
JJR : Non, je n'ai jamais eu à choisir. Plus jeune, j'aurais pu être sponso en skate mais ça ne s'est pas fait. Je n'ai pas trop cherché à l'être, et je ne regrette pas. Les évènements ont fait que c'est le snow qui a pris le dessus. En plus, je pense qu'il est bien plus dur d'être pro en skate qu'en snowboard. Le skate m'apporte beaucoup de précision, de technique et de concentration. C'est un sport incroyable. Pour moi, le skate et le snow se complètent.
 
A : Comment le skate influe-t-il sur ta façon de faire du snowboard ?
JJR : Je mets du pop dans chacun de mes tricks, je tape des ollies sur les kickers.
Par contre je ne suis pas un fan de jib, c'est trop différent du skate et je n'aime pas slider avec les chevilles maintenues par les boots, c'est trop bizarre. Tu es moins libre qu'en skate, même si tu peux te mettre des rails plus gros.

A : Où aurons-nous une chance de te croiser cet hiver ?
JJR : A l'Intercrew de SuperDévoluy (Hautes-Alpes) avec mes potes de Gap, et un peu en Savoie et en Suisse avec le crew Advita.

A : Une conclusion.
JJR: Il faut en profiter à fond. J'espère qu'on aura enfin de la neige cet hiver. J'ai hâte d'y être. Les mecs d'Atmosphère vont faire une vidéo de ouf avec du snow et du skate, à surveiller... J'embrasse Gros Jo, les Gapençais Ben, Nobru, Gab, Susu, Sésé, les Advita, Lamy, Nico du ghetto, mon frère, mon couz et ma p'tite biche.


Photos : Nitro
 
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