Retour home     
   
  
      
Retour home        
Retour home        
   
Forums Blogs Videos  
         
  News Agenda Contest Focus Interview Matos Tricks Spots Galerie Vidéos Links Météo   
Surf Skate BMX Snow Ski

30/06/2008les répulsifs anti-requins
Agoride > Surf > Focus
 30/06/2008 les répulsifs anti-requins

Remède miracle ou poudre de perlimpinpin ? Petite enquête
 
Le Grand Blanc, animal majestueux
 
La peur du loup

Les attaques de requins sur les surfers sont extrêmement rares mais elles suscitent chaque fois une émotion démesurée. L'homme n'a plus l'habitude de se retrouver confronté aux lois de la nature, il ne peut supporter l'idée d'être un maillon- même fortuit- de la chaîne alimentaire... Alors même qu'il est le plus grand prédateur terrestre et marin.

C'est en effet la peur ancestrale du loup qui ressurgit à travers le traitement médiatique des attaques de squales. Un loup qui n'effraie aujourd'hui plus que les bergers, derniers humains à cohabiter avec cette espèce menacée dont le territoire est désormais circonscrit à des zones précises. Main mise de l'homme sur la nature, maîtrise des espèces et espaces terrestres, tel semble le crédo de l'homo-destructeur.
 
le requin est l'ami du jounaliste à sensations D'où peut-être le désarroi de l'homme face à l'impossibilité de cantonner les requins à un périmètre donné : les Océans ne sont pas son élément naturel. Ceci bien que notre homo-destructeur soit tout-à-fait capable d'éradiquer nombre d'espèces marines, à commencer par les mammifères marins comme les baleines et les dauphins, ou encore les thons dont on ne trouve plus guère de trace en Méditerranée (cf l'actu et l'arrêt de la pêche anticipé du thon rouge en méditerranée décidée par la commission européenne)... Mais également les requins, massacrés pour leurs ailerons dont les asiatiques sont friands .

Pêche intensive, filets dérivants raclant les fonds marins, conventions internationales bafouées... L'homme est finalement pris au dépourvu lorsqu'il s'aventure avec une planche de surf sur le territoire des grands prédateurs que sont les requins.

Si la crainte du shark peut se révéler injustifiée-d'un point de vue rationnel, statistique-dans nombre de zones de surf, l'Europe en tête, elle n'est plus un phantasme dès lors qu'on s'aventure dans certaines régions Océaniques. Les côtes mexicaines et californiennes (Pacifique) connaissent actuellement une augmentation des attaques « non-provoquées », l'Océan Indien est très sharky également, tout comme la Floride ou d'autres états de l'Est des USA (Atlantique)...
 
Plus de monde, plus de risques
un joli sourire
Avec l'augmentation continue du nombre de glisseurs sur les vagues, on assiste à une augmentation parallèle des rencontres entre l'homme et la bête. Augmentation qui obéit aux lois de la proportionnalité. Mais on assiste également à un phénomène relativement récent qui consiste à faire fi des règles élémentaires de sécurité pour éviter la foule. Tel spot insurfé jadis le devient maintenant malgré le risque d'attaque. L'homme s'invite sur le territoire du requin, surfe dans la pénombre, se met à l'eau au lendemain de pluies diluviennes. Et tente de plus en plus de se rassurer au moyen d'artifices à l'efficacité plus ou moins (in)certaine !

Parmi les moyens de protection anti-requins, on distingue principalement d'une part les équipements collectifs comme les filets anti-requins, particulièrement efficaces mais non sans effets pervers (espèces diverses coincées dans les mailles : tortues, dauphins...) et, d'autre part, les équipements individuels, répulsifs chimiques, visuels ou encore électriques. Ce sont ces moyens de préventions individuels qui nous intéressent ici.
 
La question est simple : quels sont les systèmes efficaces ?

Un moyen paraît-il efficace est la combinaison en cotte de mailles mais on comprendra facilement qu'elle est particulièrement inadéquate pour la pratique de notre sport favori. Dans le registre chimique, diverses expérimentations plus ou moins fumeuses ont été menées pendant la seconde guerre mondiale afin de protéger les plongeurs sous-marins. On a cru un temps que le salut viendrait des répulsifs chimiques comme l'acétate de cuivre (substance dominante dans la chair de requin avariée, considérée comme meilleur répulsif à l'époque) et la nigrosine (colorant noir destiné à former un voile opaque homogène dissimulant le naufragé), mais pour le moment aucun répulsif chimique n'a encore fait ses preuves (même si des scientifiques ont cru trouvé la bonne formule en 2004 avec un signal chimique naturel qui ferait passer le requin du « mode chasse » au « mode repos »).

Au final, notre attention se portera sur 2 systèmes en particulier, les seuls qui soient utilisés par les pratiquants : le fameux répulsif électromagnétique, le Shark Pod devenu Sharkshield et le répulsif visuel Shark Camo.
 
le sharkshield mise sur les ampoules de Lorenzini du squale le Shark Camo s'inspire de la nature
 
1. Le Shark Shield : un produit qui peut vous coûter un bras

C'est ce produit qui est présenté comme le plus fiable scientifiquement parlant. Le système est relativement simple : un appareil produit un champ électromagnétique censé éloigner les requins, extrêmement sensibles à ce type d'onde. Leur museau est en effet équipé de détecteurs très sensibles : les Ampoules de Lorenzini. Les ondes émises neutraliseraient ces récepteurs (création d'une gêne) voire provoqueraient des spasmes musculaires chez le squale qui serait tenté de s'approcher encore.
En revanche, dès lors que l'animal franchit un certain seuil de frénésie alimentaire, l'appareil deviendrait inefficace.
 
le shark shield version surf Ce produit a été d'abord développé sous le nom de Sharkpod en Afrique du Sud par le Natal Shark Board, un organisme public Sud –Africain. Le système a ensuite été cédé à une compagnie australienne, Sea Change Technology, qui le commercialise depuis sous le nom de Sharkshield (trad : « bouclier à requins »). Le principe de fonctionnement demeure inchangé mais la nouvelle version est plus commerciale et plus fonctionnelle. Le poids de l'engin a été sensiblement réduit et au lieu des 2 électrodes (une à l'épaule+une à la cheville), une antenne unique (une sorte de gros leash d'environ 1 mètre) a fait son apparition. Le système est dès lors adapté aux surfers qui fixent le boîtier à l'arrière de la planche (cf photos) tandis que l'antenne (qui contient toujours 2 électrodes) traîne dans l'eau (et ralentit donc la glisse).
 
Ce produit a d'abord fait l'objet de plusieurs tests scientifiques plutôt concluants, notamment sur les grands blancs, bêbêtes sur lesquelles il aurait eu une « efficacité spectaculaire ». En revanche, les résultats auraient été plus incertains sur les autres espèces de requins. Egalement, certains pointent du doigt un certain nombre d'inconvénients comme la possibilité d'une accoutumance chez les squales ainsi qu'un risque de désertion par les autres espèces de poissons.
Le fabricant quant à lui réfute l'existence de ces inconvénients, affirmant que le sharkshield n'a d'effet que sur les seuls squales et ne crée ni accoutumance ni attraction.
 
Un argument qui plaide en faveur de l'efficacité objective du produit vient du fait que l'armée australienne elle-même en est équipée, ainsi que les garde-côtes américains, tout comme il a été utilisé par les athlètes dans le cadre des J.O. de Sidney.

Un autre argument, moins efficace cette fois, peut être tiré du succès commercial rencontré par le Shark Shield. Certains shop d'Australie de l'Ouest auraient vendu jusqu'à 100 appareils en un mois, notamment sous forme de cadeaux de Noël offerts par des parents rendus anxieux par les attaques de surfers... Et quand on connaît le coût du truc (autour de 500 euros) on se dit que le produit doit tout de même être un minimum fiable !
 
le principe : le champ électrique répulsif le sharkshield reste volumineux
 
Seulement voilà : le sharkshield, ça marche sur le papier, mais dans l'eau et sur un surfer en particulier, c'est autre chose.

Un premier raté est arrivé en mai 2002 : un pêcheur australien de Saint Jacques se fait croquer et décède alors qu'il était équipé du sharpod. Certains ont vu dans ce dramatique accident la fin du répulsif électrique. Pourtant, après qu'une enquête a été diligentée par les autorités australiennes pour déterminer si un dysfonctionnement de l'appareil était en cause, on en est arrivé à la conclusion que l'attaque avait été rendue possible par une mauvaise utilisation du produit (non-conforme aux spécifications du fabricant). Le pêcheur de Saint Jacques avait en effet pris l'habitude d'éteindre son sharkpod pendant certaines phases de son activité afin d'économiser les batteries. Surtout, pour diminuer la gêne occasionnée par le port du système, ce dernier avait fixé une des électrodes sur son tuba (il s'agit de l'ancien système) ... De telle sorte que n'étant pas en permanence immergée, elle ne pouvait fonctionner correctement. Telle était la conclusion des experts. Ouf, on se rassure et on se dit alors que le sharkshield est définitivement le répulsif le plus efficace du marché, voire le seul dont l'efficacité est à peu près avérée...

Jusqu'à cette actu franchement défavorable au sharkshield : un appareil attaché à un radeau a été dévoré par un grand blanc sous les yeux des scientifiques du Natal Shark Board !
Des tests scientifiques menés au large des côtes sud-africaines viennent en effet d'être révélés à l'occasion d'une procédure d'enquête australienne sur la mort d'un plongeur au large de Glenelg (Australie du sud : un jeune scientifique étudiant les seiches, Jarod Stehbens, a été dévoré par un grand blanc en 2005 alors que son université lui avait fourni 2 sharkshields).
S'il est ressorti de l'enquête que Stehbens ne portait pas le dispositif lors de l'attaque et que, de toute façon, le blanc qui l' a dévoré était « dans un état de frénésie alimentaire telle qu'il était quasi impossible de le repousser », cette enquête a permis en revanche de mettre à jour les faiblesses rédhibitoires du système. Les tests sud-africains, menés sous la direction du Natal Shark Board, ont virés au fiasco absolu pour le fameux répulsif. Un shark shield (modèle pour le surf !) attaché à un radeau a été croqué par une femelle grand blanc de 3.6 m, i.e. qu'au lieu d'être repoussée par le truc, la femelle s'est précipitée pour l'engloutir. Ca calme. Evidemment, le fabricant affirme que le dispositif ne peut en aucun cas attirer les requins et que les mauvais résultats obtenus lors de ces derniers tests étaient dus à un « problème de configuration des électrodes ».

Il n'empêche que les sharkshields sont désormais vendus avec un gros avertissement qui sonne comme un gag : l'effet répulsif n'est désormais garanti qu'à la condition que le surfer soit assis sur sa planche, à l'exclusion des périodes où il surfe ou rame ! Fallait oser ! Autrement dit, pour que ça marche, il faut faire la bouée. Ce qui peut présenter tout de même des avantages pour les autres surfers qui pourront ainsi prendre plus de vagues.

En définitive, le produit miracle s'avère être une plaisanterie coûteuse et risquée. Non seulement le Sharkshield vaut une petite fortune, est relativement lourd et encombrant, ralentit la planche, présente des inconvénients pour surfer le reef (l'antenne peut se coincer entre les patates et s'abîmer), mais en plus il n'est efficace qu'à l'arrêt. Sans compter qu'il n'est pas exclu par les experts qu'une exposition prolongée aux ondes du « bouclier » soit nocive pour le surfer... Sauf mise au point salutaire, son achat est donc vivement déconseillé. Quitte à faire dans l'hypothétique, autant s'équiper du sharkcamo à 30 euros...
 
le hsark Camo ou le pari du camouflage
 
2. Le shark camo ou la décalco non-comestible

Le shark Camo c'est une décalcomanie qu'on appose sous la planche (la carène) : il s'agit donc d'un répulsif visuel. Le dessin répulsif est censé imiter les zébrures qu'arborent certains poissons que les requins évitent de croquer. L'idée est plutôt séduisante. Car on sait qu'il existe des espèces comme les poissons pilotes ou certains poissons venimeux que les squales épargnent. La nature étant bien faite, ces poissons portent la mention « non-comestible », matérialisée par leurs zébrures.
 
un produit accessible à toutes les bourses Partant du principe (vrai) que la très grande majorité des attaques est due à une erreur de casting (le requin prenant le surfer pour autre choses, une tortue, un phoque), il suffit alors d'envoyer un message clair et dissuasif à l'éventuel assaillant.

Là encore, le concept est sympa mais manque cruellement de caution scientifique. Seuls quelques test ont été menés et ils ne sont pas franchement probants... Là encore, on peut s'interroger sur l'efficacité du truc sur tous les requins, car il paraît que les tigres notamment ne rechigneraient pas à avaler certains poissons zébrés venimeux...

Ceci dit, ce mode de protection possède un avantage énorme : il ne coûte pas grand chose (comparé au sharkfield) et a l'avantage de la simplicité et d'une certaine «logique» naturelle. Ce produit rencontre en tout cas un certain succès, notamment à la Réunion où jusqu'à présent aucun de ses utilisateurs n'a encore fait les frais d'un squale, ce qui tend à prouver au moins une chose, c'est que la décalco n'attire pas les sharks...

Ca nous fait une belle jambe tout ça hein ?

Conclusion : le meilleur répulsif à requins c'est le cerveau humain, c'est-à-dire le respect des consignes de sécurité habituelles dans les zones concernées par les requins : pas de surf la nuit, au lever et au coucher du soleil, pas de surf si l'on saigne, s'il pleut , si les rivières avoisinantes sont en crues, sur les spots craignos en général, se tenir au courant des périodes de l'année où certaines espèces se rapprochent des côtes pour mettre bas, pas de planches ni de boardshort trop colorés ni de trucs qui brillent (bijoux...), etc... Ah, j'oubliais : pas de parano non plus, il paraît que ça attire les requins.

zedron
 

Liens associés : site sharkshield le site sharkcamo article the Australian




Le commentaire
Gilles le 27/07/2008
à 20h42
Merci pour ces détails.... Allant m'installer à la Réunion, et etant surfeur... la peur du "requin" s'est rapidement installée dans mes pensées...
Il n'y a pas de science exact quand on essaye d'analyser la chose...Mais réunir toutes les conditions de sécurité dans l'eau... peut vous permettre de sortir de l'eau avec vos deux bras, et deux jambes....


Document sans nom
 
 



Echouage crapuleux à Padang  Padang Surf - 23.07.2008
Echouage crapuleux à Padang Padang
Le Bukit en danger ! Le rip curl pro search pourrait être annulé si rien ne ...
INSIGHT DOPAMINE Surf - 22.07.2008
INSIGHT DOPAMINE
Une campagne bien barrée
Cérémonie des Billabong XXl Global Big Wave Awards Surf - 15.04.2008
Cérémonie des Billabong XXl Global Big Wave Awards
Certains préfèrent les grosses
La success story d'UWL en vidéo Surf - 22.02.2008
La success story d'UWL en vidéo
Reportage de Mativi.fr
Best Tofs Quik Pro France par Seb Huruguen Surf - 02.01.2008
Best Tofs Quik Pro France par Seb Huruguen
Des images inédites pour vos mirettes !
Rechercher dans les archives des Focus

 
Ajouter agoride.com à votre accueil personnalisé :
   
Google Windows Live
RSS Yahoo Netvibes
RSS Agoride AOL


 

Agoride.com Pub Board Ladies Contact