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Micky Picon
Surf 21/02/2006 Micky Picon
A réussi une saison 2005 exceptionnelle. En guise de récompense, il intègre le WCT cette année et l’élite du surf professionnel masculin. Une quasi-première pour un Français. Au point que l’info mérite d’être rabâchée. Voire même répétée et amplifiée.
La saison surf 2006 arrive avec les premiers jours de beau temps. Lentement mais sûrement, on se rapproche de l'événement ouvrant du Tour en Australie : le Quiksilver Pro Gold Coast.
Le WCT s'annonce et les athlètes s'échauffent. Parmi eux, un Français nous représentera, et sa place au sein de l'élite n'a aucune chance de passer inaperçue tellement il est rare d'y voir des ressortissants de l'Hexagone. Une entrée dans le Top 45 à suivre. D'ailleurs, autant s'y mettre tout de suite en introduisant l'homme de la situation : Micky Picon.

Champion d'Europe cadet en 94, le surfer tricolore dispose d'un palmarès bien rempli :
Triple champion de France cadet en 93, 94, et 96 ; Champion de France open en 99 ; vainqueur du Quiksilver Pro junior en 97 et 99 ; puis Champion d'Europe EPSA en 97 et 98. Rajoute à cela plusieurs belles victoires WQS... et le rider intègre enfin le WCT 2006, réalisant son ultime objectif !
 
Né à Casablanca (Maroc) le 29 Avril 1979, Micky Picon découvre le surf dès l'âge de 4 ans. Sa famille ayant choisi de s'installer au bord de l'océan, il est presque logique que son père l'initie aux joies du sport. À 5 ans déjà, il est accro et ne peut plus passer une journée sans admirer les vagues. À 12 ans, il suit ses parents en France, où il s'installe à Capbreton, et donne libre cours à sa passion, secondé par leur soutien moral et physique sans concessions. Dès lors, le jeune homme marque sa préférence pour un passe-temps : le surf, et un spot : La Piste.

Aujourd'hui Micky Picon a atteint le sommet du surf français après une qualification réussie en 2005. Voilà longtemps qu'il en parle. Voilà longtemps que les médias et la scène française l'évoquent. Et grâce à une quinzième place au classement final WQS, le rider de 26 ans est actuellement le seul Européen à accéder au World Championship Tour de cette nouvelle saison.
 
Ayant commencé l'année 2005 en leader, le Landais n'a jamais eu l'intention de se contenter de dominer le classement, mais plutôt de stocker des points. En effet, c'est toujours plus loin qu'il porte le regard : « Être premier au début des étapes ne veut pas dire grand chose pour moi. D'une part parce que les grosses épreuves de la saison (les plus côtées) arrivent après et d'autre part parce que seule la qualification compte. Peu importe la place au classement. C'est juste bon pour le moral ».

Seulement voilà. Ça n'est pas suffisant. Du moins pour Micky, dont l'ambition va désormais au-delà de la simple qualification. En effet, selon lui, son entrée dans le Top 45 devrait lui permettre de faire autre chose. Ou de faire des choses. Un peu d'y laisser sa trace. Bienqu'elle s'imprime déjà au niveau de cette consécration symbolisant autant sa détermination que sa constance.
« C'est mon objectif principal depuis longtemps. En revanche, être le premier en passe d'y arriver [à intégrer le WCT] est difficile parce que je n'ai pas d'exemple à suivre, pas de référence. Si j'y parviens, je sais que ce sera profitable pour les surfeurs français de la nouvelle génération : Jérémy Florès, Joan Duru, Vincent Duvignac... »
 
Depuis près d'une décennie, Micky Picon ride les compétitions officielles. Devenu team rider Quiksilver à l'adolescence, le jeune Landais ramène le surf européen au sein du WCT, alors qu'il en était cruellement absent. En effet, aucun ressortissant européen n'avait surfé les vagues du Tour depuis 2004, où le Franco-Brésilien Eric Rebière avait réussi à se qualifier, reprenant un flambeau allumé au début des années 2000 par le Britannique Russel Winter.

Enfin une nouvelle preuve (la troisième de l'histoire du surf professionnel si on sait compter) que le WCT n'est pas réservé aux Hawaiiens, Brésiliens, Américains, et autres Australiens.
C'est pas faute de l'avoir attendue et désirée : « Je me suis habitué à cette « pression » au fil du temps. L'an passé, j'étais en bonne position pour y parvenir, mais je n'ai pas eu de chance avec ma blessure. Je ressens les encouragements et l'attente de mon entourage. J'aimerais vraiment leur faire plaisir... », expliquait le jeune athlète l'an dernier. Or pour l'occasion, il va aussi se faire plaisir à lui, puisqu'en récompense de ses efforts, il va pouvoir profiter des meilleures vagues de la saison sur les plus belles étapes du Championnat.
 
Si Micky a déjà participé à certaines épreuves du WCT, ça a été au moyen de wildcards obtenues ici et là. Une opportunité qui lui permet de savoir au préalable comment se déroulent les événements et de connaître certains de ses futurs adversaires. On se souvient notamment de sa neuvième place à Hossegor en 98, où il avait réussi à sortir Sunny Garcia et Danny Wills.
Le fait que la moitié des surfeurs du WCT participe régulièrement à des épreuves WQS contribue à réduire le fossé qui sépare les deux circuits. Je connais déjà tous les surfeurs de l'élite, ce qui constitue une expérience précieuse. La seule différence est dans le format de compétition. En WQS, il n'y a pas de man on man. Pour gagner, il faut être meilleur que les autres mais surtout meilleur stratège. En WCT, à un contre un, tu dois être meilleur, tout court !.
 
Photo Quiksilver Après un quart-de-finale près de chez lui à Anglet, et un huitième à Hossegor, suivi d'une demi-finale à l'US Open de Huntington Beach en 2005, Micky s'est finalement incliné face au Champion du Monde en titre de l'époque, Andy Irons.
Sa consécration arrive aujourd'hui comme le résultat d'un mélange de talent, de maturité, et de gestion physique et psychologique. Mais aussi comme celui d'une connaissance accrue du circuit WQS. Comme quoi, la patience porte parfois ses fruits. Quand elle est utilisée avec sagesse et application.

D'ailleurs, selon les propres termes de Kelly Slater, expert du Tour et modèle de notre Landais : « Je suis vraiment heureux de voir que Micky va faire partie du Tour. La qualité de surf était bien là mais il lui fallait juste de bons résultats. Il a trouvé une motivation spéciale cette année et j'espère que cela se poursuivra en WCT. Une fois qu'il aura pris ses marques sur le WCT, je suis certain qu'il parviendra à sortir quelques bons résultats. Shaka ! »


Sponsors : Quiksilver, Samsung





Photos :
ASP worldtour.com
Quiksilver

 
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