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Un nouveau format de compétiton ASP pour 2009
Surf 30/10/2008 Un nouveau format de compétiton ASP pour 2009
Après le dual heat, l'ASP et son comité technique présidé par Wayne-Rabbit-Bartolomew a planché sur un nouveau format réduisant le nombre de séries nécessaires au bouclage d'une compétition
Après le dual heat (cf. article) qui n'a été utilisé que 2 fois (Pipeline 07 et Mundaka 08)depuis l'annonce de son lancement, l'ASP et son comité technique présidé par Wayne-Rabbit-Bartolomew a planché sur un nouveau format susceptible de réduire le nombre de séries nécessaires au bouclage d'une compétition : l' « altered dream tour format », c'est-à dire en français le format modifié, revu. Pour le moment, cette nouvelle formule est optionnelle : ce sont les organisateurs des différentes étapes du Dream Tour qui choisissent de l'adopter ou de conserver le schéma en place actuellement. Pour le moment, seuls les events Billabong (Tahiti, J-Bay, Mundaka et Pipe) ont opté pour la nouvelle formule en 2009. Mais il est envisagé que le format devienne obligatoire sur toutes les étapes dès 2010

L'idée force de ce concept est la suivante : une épreuve courue avec le format classique demande 4 jours complets (sur une fenêtre de 12 jours), or, un swell ne dure que rarement plus de 3 jours. Il faut donc trouver un moyen de mieux coller aux cycles de houle et partant de boucler un event en trois jours.

Deux options sont envisageables pour ce faire : soit on augmente le nombre de surfers à l'eau en faisant se chevaucher deux séries (Dual Heat), soit on réduit le nombre de séries (Altered Format). Mais si on réduit le nombre de séries, me direz-vous, on réduit aussi le nombre de surfers... Oui, sauf si l'on décide que toutes les séries seront à élimination directe. Le nouveau format sonne ainsi le glas de la deuxième chance.

Encore plus révolutionnaire, le concept entend revenir, à terme, sur le principe des deux classements distincts WQS et WT, tout en conservant les deux circuits mondiaux ASP. Les circuits WQS et WT perdureront mais s'imbriqueront... et le top 16 d'avant 1992 refait surface. Explications...

Comment ça marche ?

Les events qui choisissent le nouveau format seront disputées avec deux tours préliminaires éliminatoires en man on man (2 surfers).

Le 1er tour sera surfé par les compétiteurs classés de la 17ème à la 27ème place + les 3 wildcards pour blessure + les 3 wildcards du sponsor de l'étape+le top 15 WQS (d'abord de l'année précédente puis à terme de l'année en cours) = 32 surfers. Le seeding reste inchangé dans son principe : le n°17 rencontre le n° 32 etc.

Ensuite, les 16 vainqueurs de ce 1er tour vont au second tour et affrontent le top 16 du classement. Le top 10 de l'année précédente est assuré d'aller directement au 2nd tour toute l'année. Les 6 autres (classés de 11ème à 16ème) pourront être remplacés après trois étapes par les surfers du « groupe des 32 » qui auront été plus performants (qui auront assuré plus de points et dont le seeding aura progressé).

Un tour à 2 voire 3 vitesses donc, mais avec l'avantage d'éviter ce qui se passe actuellement au Brésil, étape que pas mal des meilleurs pros ont purement et simplement zappé.

L'intérêt du truc ?

1. Optimiser les cycles de houle

D'après les défenseurs du concept, dont Mick Fanning et CJ Hobgood, le fait de pouvoir boucler une épreuve sur un seul et même swell permettrait d'éviter de perdre du temps à attendre qu'un 2ème train de houle rentre et pourrait permettre de surfer les phases finales dans de meilleures conditions. Peut-être, mais le postulat selon lequel un swell dure en général 3 jours n'a rien d'évident. Une houle ça peut durer 1,2,3,4 jours voire plus. Comme pour toutes les théories, il faut se monter prudent avec les postulats de départ... (par exemple, toute la construction dite « scientifique » du marxisme part du principe que l'homme est fondamentalement bon, or c'est très discutable !).

En revanche, l'argument selon lequel les organisateurs courront moins de risques de se retrouver avec une étape annulée pour défaut de swell relève du pur bon sens : 3 jours c'est jusqu'à preuve du contraire plus court que 4 !

2. Les pros préfèrent le man on man

Sans doute, mais ils sont sûrement nombreux à être attachés au principe de la deuxième chance, parce que là, pour le coup, l'élimination directe, c'est la guillotine !

Quid des spectateurs (au sens large) ? Apprécieront-ils de voir leur surfer favori ne surfer le cas échéant qu'une seule série ? En outre, ne préfèrent-ils pas un show de 4 jours à un show de 3 ?

Les partisans de l'altered format répondent que l'intensité du spectacle compensera ces éventuels inconvénients...

3. Un spectacle plus intense ?

Le spectre de l'élimination directe va probablement créer une forte émulation et donc élever le niveau de performance sur les 1ers tours... Mais peut-on considérer raisonnablement que nos pros ne donnent pas tout dès leur première série ?

Autre argument, qui rejoint le 1er (avec les réserves que l'on peut y apporter) : si le surf est meilleur, les fans sont gagnants...

4. Augmenter le niveau de performance et limiter l'absentéisme de fin de saison

En effet, le système de réévaluation en cours d'année du seeding a non seulement le mérite d'inciter les surfers à faire de leur mieux sur toutes les étapes mais également d'encourager les meilleurs à surfer le Tour jusqu'au bout, que le champion du monde soit déjà désigné ou pas. Exemple : si on projetait le nouveau schéma sur la fin de saison actuelle, les Fanning, Parko et consorts pourraient se voir contraints l'année prochaine de passer par le 1er tour. D'où l'intérêt de se maintenir dans le top 16, en plus de se requalifier. Et aussi de rester dans le top 10 toute l'année pour ne pas avoir à surfer le 1er tour.

Le « cas Kelly Slater » a peut-être joué un rôle dans l'avènement du nouveau format. Comme en matière de législation, on pourrait alors considérer qu'il n'est pas forcément opportun de changer un système pour un cas particulier. Si KS lâche le tour l'année prochaine (comme sa maman lui a conseillé de le faire, voir Surf Session de septembre), la course au titre durera certainement jusqu'au terme de la saison, puisque seul Slater est pour le moment capable d'imposer une domination aussi outrageuse.

5. Arriver à terme à un classement unique

D'après Rabbit Bartholomew, l'objectif est la création d'un classement unique à l'horizon 2010.

Avant 1992 (date de l'avènement du circuit qualificatif WQS), il n'y avait qu'un classement. Cependant, pour Wayne Bartholomew, l'altered format n'opère pas un retour en arrière car on conservera les compétitions WQS (1à 6*prime) et le World Tour.

Il y aura simplement une transition plus fluide par laquelle les moins bons du top 45 pourront être remplacés en cours d'année par les meilleurs performers du QS de la saison en cours.

D'après Mick Fanning notamment, le classement unique offrira une meilleure lisibilité pour le (grand) public, ce sera plus vendeur et avantageux pour le traitement médiatique. On pourrait répondre que, si le système du double classement WQS et WT du surf est compliqué, alors pour comprendre celui du football, il faudrait avoir fait l'ENA...

Pour CJ Hobgood, il faut permettre aux wildcards qui font des demi, des finales voire remportent des étapes du WT (comme Manoa Drollet, Bruno Santos, Danny Fuller ou encore Jamie O'Brien) d'avoir un classement.
Ce à quoi on pourrait rétorquer que le système des wildcards (ici les « events wildcards » par opposition aux « injury wildcards ») n'est pas adapté à un classement pour ceux qui en bénéficient par la seule grâce de leur sponsor.

Au bout du compte, le nouveau format semble présenter autant d'inconvénients que d'avantages. Ce système a les défauts de ses qualités.

En effet, si l'on peut par exemple regretter l'aspect inégalitaire voire élitiste du top 10 et du top 16, on peut en revanche se féliciter de l'aspect incitatif qu'il peut procurer chez les pros tentés par l'absentéisme de fin de saison...

Quoi qu'il en soit, d'après l'ASP World Tour Manager Renato Hickel, « des ajustements pourront être apportés par le comité technique de l'ASP . Il est possible qu'on passe du top 10 au top 8 ou encore qu'on décide de réévaluer le seeding de tout le monde après Tahiti. Il faudra attendre jusqu'à Hawaii pour se déterminer définitivement ».

On verra bien

Zedron





 


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