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Tim McKenna
Surf 29/06/2007 Tim McKenna
Pour mon tout dernier sujet Agoride, j'ai mis de côté un petit cadeau d'adieu pour tous ceux qui ont suivi mon travail et apprécient la beauté pure du surf et de la nature. Interview d'un photographe au talent aussi immense que la réputation.
Tim McKenna est un photographe australien qui vit à Tahiti. L'un des meilleurs photographes du monde qui vit au pied de la plus belle vague du monde... ça donne une idée de ce que peut rendre son art !
Sans doute est-ce la vision à la fois effrayante et magnifique de Teahupoo qui a poussé McKenna à sortir un livre non moins superbe sur le sujet. Préfacé par Jack McCoy et narré par Guillaume Dufau, « Teahupoo, La Vague Mythique de Tahiti » est un véritable hommage à ce spot d'une beauté surnaturelle et à ses locaux. Dix années d'images sont rassemblées dans ces 200 pages à couper le souffle.
Interview...


D'où viens-tu ?
Je suis né a Sydney en Australie, mais j' ai grandi en France. J'y suis resté jusqu'à 17 ans, avant de rentrer en Australie quelques temps, puis de bourlinguer un peu partout ces dernières années.

Où vis-tu ?
À Paea. Une petite ville à 20 minutes de Papeete à Tahiti.

Que fais-tu ?
Photographe de sports extrêmes et de nature.

Tes clients réguliers ?
Oxbow, Billabong, Hinano, Air Tahiti Nui , Le Meridien, Surf Session , Surfer, Surfing Life...

 
Les sports que tu pratiques ?
Surf, snowboard, trekking.

Tes autres hobbies ?
Jouer du piano et regarder des films, aller au cinéma.

Y'a t-il un autre métier que tu aurais aimé pratiquer ?
Peut-être musicien.

Pourrais-tu me dire quand et comment t'est venue l'envie de figer l'action sur photo ?
A l'âge de 16 ans. Je faisais du surf et du snowboard, et je voulais ramener des images des mes amis. Plus tard quand les premiers magazines sont sortis j'ai voulu essayer de faire aussi bien.

Tu as pris des cours ou c'est un don naturel ?
J'ai travaillé comme assistant avec des photographes de publicité et de mode.
J'ai beaucoup lu et appris en réalisant beaucoup d'images et en les analysant.

Tes influences dans ce domaine ?
Hernst Haas pour les photos de nature. Hans Feurer pour celles de mode. Ted Grambeau pour celles de surf.

T'arrive t-il d'échanger des idées avec d'autres photographes ? Et si oui, lesquels ?
Philippe Chevodian, Scott Needham, Jeff Hornabaker, Brian Bielman.

 
Tu as commencé directement par la photo d'action / de sport ?
J'ai fait aussi pas mal de photo de mode en même temps que les photos d'action.

Ce qui t'inspire le plus ?
La photo de sports extrêmes dans une nature extrême avec une belle lumière.

Quels autres sujets t'attirent en photo ?
J'aime tout ce qui est beau et qui a un fort impact visuel. La mode, les portraits en studio, les photos de nature, l'animalier. La photo aérienne et sous-marine aussi.

Tu pratiques le surf depuis combien de temps ?
Plus de 20 ans.

En y repensant, a-t-il été difficile de te faire un nom dans cette industrie ?
Oui. C'est un métier où il faut être passionné et prêt à faire beaucoup de sacrifices pour percer.

On ne te voit jamais faire de photos de compétitions, uniquement de freesurf...
Est-ce par goût pour le côté spirituel du surf ?

Tout d'abord, je n' éprouve aucun plaisir à réaliser une image que d'autres photographes font en même temps à quelques mètres de moi, pendant une compétition par exemple.
Ensuite, je trouve que la compétition ne correspond pas du tout a l'essence du surf. Le surf c'est une manière de vivre basée sur la liberté et l'harmonie avec la nature. On perd beaucoup dès lors que c'est formaté par des règles de compétition.

Y a t-il un cliché particulièrement important à tes yeux, une image qui symbolise plus qu'elle ne représente ? Ou toutes tes photos véhiculent-elles toutes une histoire à leur façon ?
Chaque image a une histoire particulière par rapport à tous les critères en jeu.

 
Quel accomplissement de ta vie professionnelle te rend le plus fier aujourd'hui ?
Le fait d'avoir pu rester polyvalent et de pouvoir produire des images dans des domaines aussi variés que les sports de glisse, la mode, ou les campagnes publicitaires grand public.

Plus jeune, tu pensais arriver à vivre de ta passion un jour ?
J'espérais bien sûr que cela serait possible. Par contre, je ne suis plus très sûr que cela soit le cas dans les années qui viennent...

Ce métier demande beaucoup d'implications, de dévouement et parfois même de sacrifices, quels conseils donnerais-tu à un quelqu'un qui voudrait suivre tes traces ?
Aujourd'hui, la donne est complètement différente. La demande s'adresse surtout à du contenu à moindre coup et dans l'urgence. La qualité n'est plus vraiment un critère prioritaire. Il faut vraiment essayer de se démarquer des autres pour rester sur un créneau qualitatif. Il faut garder une éthique et essayer de réaliser des images originales.

Une ou plusieurs anecdote(s) sur les joies ou dangers de la vie de photographe de surf ?
A plusieurs reprises j'ai été balayé par des vagues alors que je faisais des photos depuis un bateau. Soit à cause d'une panne moteur soit a cause d'une faute d'inattention du pilote. La dernière fois, c'était il y a à peine 2 mois à Tahiti, avec le photographe Jeff Hornaker et le cameraman Sonny Miller. Nous avons pris une vague de 3 mètres en pleine face et toutes nos caisses pélicans sont partis à l'eau ainsi que le pilote du bateau. Sunny a été blessé par le choc. Jeff a failli se faire découper par les hélices du moteur. Heureusement, nous n'avons pas perdu de matériel et finalement on s'en tire sans trop de mal vu les circonstances...

Pourquoi et quand avoir choisi de vivre en Polynésie ?
C'est le plus bel endroit de la planète. Et pour moi, c'est le studio ultime.

Quels sont les autres endroits où tu aurais aimé vivre ?
En Australie.

 
Tu publies aujourd'hui un livre sur Teahupoo. Pourquoi ?
Après avoir passé 10 ans a photographier le spot sous toutes ses coutures et pendant tous les gros swells, j'estimais avoir assez de matériel et de moments historiques pour faire un beau livre assez complet.

Ce qui a motivé cet ouvrage ? Ce qui t'en a donné l'envie ?
Je pense que le décès de mon ami Malik Joyeux a été le facteur déclenchant. Je voulais aussi que son histoire et celle des autres Tahitiens soit mise en avant, ce qui n'aurait peut-être pas été le cas si le livre avait été fait par une autre personne.
L'envie était de partager la beauté surnaturelle de cette vague et de la faire connaître à un public un peu plus large que celui des amateurs de surf et connaisseurs.

Ce qui t'attire le plus dans cette vague ?
Son pouvoir hypnotique intrinsèque à sa beauté universelle. Elle n'est jamais tout a fait pareille mais sa perfection est d'une constance impressionnante.

Peux-tu nous en dire plus sur « Teahupoo, La Vague Mythique de Tahiti » ?
200 pages , 171 de mes meilleures images du spot, 8 chapitres avec des textes sublimes de Guillaume Dufau. Le tout dans un format panoramique à l'italienne, distribué un peu partout dans le monde.

Comment s'est passé son élaboration ?
Le projet s'est fait sur un an . Nous avons mis a peu près 8 mois par intermittence à réaliser toute la conception du livre avec ma femme et nos graphistes pour rendre un produit clé en main à l'éditeur.
Une fois que nous avions déterminé les chapitres, nous avons pu réaliser le choix des images et de la maquette. Les textes se sont greffés dessus petit à petit.

 
Tu as travaillé en collaboration avec Guillaume Dufau dessus. C'était ton souhait ?
Oui c'est un ami de longue date, qui connaît bien mon travail et la vague de Teahupoo.

En tant que photographe, tu représentes les yeux du surf, comment vois-tu son avenir et son évolution ?
Je pense que le surf a un bel avenir mais que la démographie va modifier sensiblement l'état d'esprit. Les sports comme le surf vont prendre une place grandissante dans les médias et je pense que de plus en plus de filles vont s'y impliquer.

Ce qui t'inquiète / t'effraie le plus dans ta vision de l'avenir ?
Que mon fils doive devenir agressif pour pouvoir attraper ses vagues dans la foule.

Ce que tu souhaites ?
Que nous puissions réaliser des reefs artificiels et des piscines à vagues pour dégorger les spots et que tout le monde puisse continuer à surfer dans un bon état d'esprit.

Dans l'absolu à quoi ressemblerait ta 'dream session' ?
Une gauche tubulaire de 2,50 mètres dans les Tuamotus avec 3 ou 4 potes et mon fils à l'eau, et les odeurs d'un barbecue qui se prépare sur la plage.

Et à quoi ressemblera la prochaine ? Quand et avec qui ?
Ce sera certainement à Tahiti dans quelques semaines avec tous les locaux de Papara.

 
Photos : Tim McKenna
Issues de "Teahupoo, La Vague Mythique de Tahiti"



Merci à Tim McKenna !
Et salut à tous !

- Nadine Huiban -



 
Liens utiles :
Dan le 10/08/2007 à 16h07
Ia orana !
Pour avoir acheté le livre sur Teahupoo dès que je l'ai trouvé sous mes yeux, je ne peux que le recommander ultra chaudement, il est absolument magnifique. Un grand bravo à l'auteur pour ces superbes photos et pour avoir mis l'accent sur les Tahitiens, du très très très haut niveau.
na retrouvé
mark le 13/07/2007 à 19h43
Des images tout simplement incroyable.
Sympa d' en connaitre plus sur le personnage.
merci
clo le 10/07/2007 à 12h36
Merci pour tous ces articles qui m'ont fait voyager à chaques lignes lues!!!
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