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Surf 26/03/2001 Tube
Chambre verte, casquette, poche, barrel, tuyau, sacristie…Autant de noms donnés à ce que beaucoup de waveriders n’hésitent pas à comparer avec les joies du sexe : le tube !
Demandez à des surfers de décrire en un mot ce que représente le tube pour eux, et vous pourrez entendre ce genre de réponse: le tube c’est l’extase, le tube c’est l’hallu. Pourquoi tant d’émerveillement, pourquoi tant de passion réunit autour d’une manoeuvre qui paraît si simple, et qui demande pourtant beaucoup d’adresse et de témérité. Une chose est sûre cependant, pour ceux qui connaissent les chemins d’accès à la chambre verte, le tube reste le move le plus pur. Il est l’incarnation même du surf, et comme lui il représente la quête éternelle du Graal.

Comme il existe différentes sortes de tubes, il y a également différents moyens pour s’y caler. On cherche certains tubes, mais parfois l’opportunité d’un placement vous fait tuber alors même que vous n’aviez pas délibérément recherché celui-ci. Mettez-vous à la place du pro et concentrez-vous :

PHASE 1: Je dois me placer haut dans la section pour ne pas que la lèvre ne vienne me casser dessus. Pour l’instant, je suis placé à mi hauteur dans la face de la vague. Mon regard fixe loin devant la lèvre qui commence à se lever avant de jeter. Je dois toujours me replacer en fonction de celle-ci, en remontant ou en descendant dans la section. Je dois en permanence adapter ma trajectoire en fonction du déroulement de la lèvre, et du déferlement de la vague.

PHASE 2 : Mon bras avant pointe vers l’avant, vers la sortie du tube. Ma main arrière s’est calée dans la paroi de la section dans le but de me freiner un peu en attendant le tube. L’axe de mon épaule est parallèle à la direction de la planche et de la trajectoire. Mon poids qui est réparti entre les ambe est légèrement transféré sur la jambe arrière, toujours dans le but de staller un peu, c’est-à-dire de me freiner, en attendant que la section me recouvre. Jambes et buste fléchis, j’attends le tube dont la lèvre frise et commence à jeter au-dessus de moi.

PHASE 3 : J’ai arrêté de freiner pour relancer l’accélération qui est nécessaire à mon placement dans le tube. Pour se faire, j’ai rentré le genou arrière, et ait passé mon poids sur la jambe avant. J’ai davantage fléchi les genoux de manière à avoir une position plus groupée, car le tube est petit.

PHASE 4 : Ma main arrière est toujours calée dans la paroi, ce qui me sert de repère. Mon regard fixe toujours la lèvre qui commence à déferler devant la section, de manière à réajuster ma position en fonction de celle-ci et du déferlement du tube. J’essaye de garder mon poids sur les orteils, de manière à ce que le rail intérieur morde bien dans la section du mur, ce qui m’évitera de déraper dans la vague. Je me suis légèrement avancé sur la planche pour donner plus d’accélération. C’est la technique de base du tuberider, savoir avancer ses pieds et son poids au bon moment pour que la planche gagne en accélération, et se conduise toute seule dans le tube. En laissant son poids trop en arrière, on manquera d’accélération et on se fera rattraper et bouffer par le tube. Trop de poids sur l’arrière de la planche vous fera également descendre involontairement dans la paroi jusqu’à se faire attraper par la lèvre. Ou au contraire on pourra toujours à cause de trop de poids sur l’arrière, remonter brusquement dans la section en perte de contrôle, jusqu’à se faire happer et jeter par la lèvre dans un méchant wipe-out. Avancer ses pieds, charger l’avant et garder les yeux ouverts pour fixer la lèvre malgré le déferlement du tube, sont les 2 commandements du tuberider.

PHASE 5: J’ai toujours la même position, peut-être un peu plus fléchi, ce qui me permet de commencer à être recouvert par la lèvre. Je suis haut dans la face dans la vague et ma planche commence à prendre un angle pour redescendre un peu dans la section. Mon poids est franchement sur la jambe avant. je ne freine plus. Ma main effleurant la face de la vague est presque posée sur mon genou. Ma position est groupé pour aller vite. D’ailleurs je vais un peu trop vite car je devrais déjà être plus profond dans le tube sur cette photo. Mon regard est toujours sur la lèvre, ce qui explique que je redescende un peu dans la section, car j’ai vu que la vague allait être plus creuse. On agit par instinct, on regarde la lèvre et on essaye de faire agir son corps en fonction des mouvements de la lèvre.

PHASE 6 : Je suis placé encore plus à l’intérieur. La vague est plus creuse et la lèvre commence à tomber vraiment rapidement. Je ne suis pas très profond puisque je n’ai pas encore entièrement disparu dans le tube. c’est le moment où la lèvre commence vraiment à m’envelopper. Mon poids est sur ma jambe avant, et je donne un angle descendant à ma planche car la vague à recreusé, et donc la lèvre va tomber plus bas que précédemment. J’adapte ma trajectoire en fonction de ce que fait la lèvre. Mon bras avant pointe dans la direction où je veux aller. Je suis toujours dans une position fléchie, à la recherche de vitesse en vue d’éviter de me faire enfermer dans le tube. Mon regard fixe toujours au même endroit pour éviter de me déconcentrer dans cet instant critique. Parfois en pensant que c’est fait, on regarde un peu plus loin, on se déconcentre brusquement et c’est là que la chute arrive. L’important sur cette photo, c’est de charger le poids sur la jambe avant et de bien appuyer sur les orteils pour que le rail interne morde bien dans la face de la vague pour éviter de déraper. Si on dérape, on perd de la vitesse et on est bon pour un tour style "Over the falls" .

PHASE 7 : C’est la sortie du tube. J’ai voyagé un peu dans le tube en appliquant les grands principes vus précédemment. Il ne faut jamais fermer les yeux, même quand on pense qu’on est trop profond, que l’on va se faire enfermer. Il faut toujours y croire. Parfois on plonge en pensant que c’est trop tard, et c’est là qu’on réalise avec un petit coup de rein supplémentaire, on était sorti d’affaire, et on aurait fait ce tube. Le dernier grand principe du tube ride est de ne jamais fermer les yeux et de toujours y croire jusqu’au souffle qui accompagne la sortie du tube.


Yep / Mars Fénies
Images : Rip Curl


 
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