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Alban Aubert
Jérôme Clementz
Vtt 08/07/2008 Jérôme Clementz
Juste avant la Mégavalanche de l'Alpe d'Huez, rien de mieux que de partir à la rencontre du favori. En effet, celui-ci a déjà gagné la mythique course et vient de finir devant le Suisse René Wildhaber lors de la Trailfox
Juste avant la Mégavalanche de l'Alpe d'Huez, rien de mieux que de partir à la rencontre du favori, Jérôme Clementz. En effet, celui-ci a déjà gagné la mythique course et il vient de finir devant le Suisse René Wildhaber, sur ses terres, lors de la Trailfox...
En plus, c'est toujours agréable de découvrir des riders qui ont gardé la tête sur les épaules et qui ont une vision objective du monde qui les entoure. D'ailleurs, ne serait-ce pas une qualité des spécialistes des DH marathon ? Car les plus grands adversaires de Jérôme (Rémy Absalon et René) ont tous les deux un profil bien similaires : des riders rapides mais humbles et qui préfèrent s'exprimer sur le bike que lors des soirées arrosées !
Place à M. Clementz !!

Prénom : Jérôme
Nom : Clementz
Ville : Strasbourg
Pays : France
Profession : Educateur spécialisé
Site web : www.jeromeclementz.com
 
Bon, 3 courses, 3 pays, 3 victoires. Bravo ! 2008 c'est l'année Clementz ?
Merci ! La saison est encore longue, aucune victoire n'à été gagnée facilement, donc on va pas s'enflammer. C'est clair que cela fait plaisir et ça renforce la confiance, c'est le travail de cet hiver et des années passées qui payent. Les autres riders ne vont pas se laisser faire et il va falloir tout donner à chaque course pour être devant. On va essayer de continuer comme cela à démarré, j'aurais rien contre !

Comment expliques-tu cette constance à un si haut niveau cette année ?
Ca fait plusieurs années que je suis sur le circuit, j'étais régulièrement aux avants postes mais la régularité n'était pas mon fort, souvent gêné par des problèmes mécaniques ou des blessures. Avec l'âge (je parle comme un vieux), j'arrive à mieux gérer mon effort, attaquer où il faut et assurer à d'autres moments, mais c'est pas facile vu qu'il faut aller à fond tout le temps si l'on veut gagner. Je n'ai pas eu de soucis cet hiver et avec la météo clémente j'en ai profité pour bien m'entraîner et arriver au top dès le début d'année.
Au niveau du matériel cela fait 3 ans que je roule sur avec MBK et avec nos partenaires (Shimano, Marzocchi, Pro, Hutchinson, Bollé, Dakine, DM3) on a optimisé le vélo et les périphériques, ce qui fait qu'aujourd'hui mon bike est au top. En plus de cela, depuis 2 ans j'ai un travail qui me laisse le temps de rouler, des partenaires qui ont confiance en moi, des collègues d'entraînement avec qui on ride en se faisant plaisir, une famille et des amis toujours là pour me soutenir, ainsi qu'une super chérie. Le tout fait que je suis bien dans ma tête et dans ma peau, quand j'arrive sur une course je n'ai pas de pression, j'ai confiance en moi et je me fais énormément plaisir. Le reste c'est que du bonus.
 
Quel est le meilleur souvenir de ces 3 courses (Métabief-Enduro Series, Kiedler-Avalanche Trophy, Laax-Trailfox) ?
Les 3 courses ont une saveur particulière et différente.
- Métabief, pour l'ouverture de la saison, sans repère face aux collègues, un format rapide et physique et la confirmation de voir que je suis bien préparé. Gagner une Enduro series en se bataillant tout le week end, un matériel performant et du soleil, j'étais sur un nuage.
-Kielder et le Saab Salomon Avalanche trophy, j'avais les nerfs d'avoir cassé ma chaîne à Lyon et d'avoir des points de retard pour le classement général, j'y étais donc le couteau entre les dents, attaque à fond et 2 secondes de mon coté. En plus de cela je découvrais une belle région et je passais un super week end avec mon père, Doucende, Lagneau, Braux, Morin et Giordanengo.
- Enfin la Trailfox, c'était déjà un honneur d'être invité par RedBull, le spot était immense, le paysage magnifique, la soirée sans fin et la victoire une surprise car il s'agissait plus de polyvalence que d'enduro. En plus je bats Wildhaber, ce qui met en confiance avant la Méga !!
A choisir c'est impossible...

Pour la suite, quelle course rêves-tu de gagner ?
Je pense comme la plupart des enduristes, j'aimerai regagner un Mégavalanche. C'est tellement énorme cette course, tout le monde est présent, l'ambiance au sommet, 50 minutes de courses, tu rencontres tous les terrains (neige, pierre, prairies, montées, sous bois) et c'est une course connue de tout les vététistes ! Mais il y a tellement de paramètres qui rentrent en compte qu'il est impossible de tout miser sur cette course, alors déjà bien y figurer me comblerait.
 
Bon, revenons à tes débuts. C'est quoi qui t'as motivé à rider ? Et comment as-tu choisi la dh marathon ?
Avec des parents assez sportifs, j'ai toujours pratiqué pleins de sports de plein air en loisirs. Puis j'ai commencé le ski de fond et le biathlon pour suivre mon amoureuse de Primaire à 9 ans, j'ai vite progressé en équipe des Vosges, mon entraîneur de l'époque Olivier Lamoureux, faisait du VTT et l'été nous emmenait nous divertir en VTT. J'ai vite accroché et en 1996 j'ai commencé le Trophée régional des jeunes Vététistes, tout en continuant le biathlon. J'appréciais toutes les disciplines du VTT, mais aussi le biathlon. On était toujours plein de jeunes à s'amuser dès qu'on trouvait une connerie à faire que se soit sur des skis ou en vélo, je n'étais jamais seul, toujours dans la nature. En plus de cela, j'ai eu la chance de toujours avoir de bons éducateurs à mes cotés qui ne cherchaient pas à me griller, mais à me faire progresser avec comme leitmotiv la passion et le plaisir. Puis en cadet il fallait faire un choix, deux saisons n'était plus possible, j'ai donc arrêtez la compétition en ski, pour faire du cross et de la dh. Puis en junior il à fallu ne garder qu'une discipline. J'ai donc choisit la dh qui correspond plus à mon esprit ! J'avais pas envie de faire de la route ou des sorties de 5h, 8 fois par semaines. Je préférais la descente avec son coté mental, concentration, précision, associés aux sensations de vitesses, adrénaline, fun et technique.
Depuis cadet 1 j'ai participé à la Méga et ensuite, dès que le circuit marathon est apparu, c'est logiquement que j'ai sauté dessus. Cela correspond exactement à ma vision du VTT et à la pratique dans ma région. Pas de remontés mécaniques, donc on monte en vélo et on descend avec le même à l'entraînement. En plus de cela, quand tu vas sur une DH marathon, tu passes ton week end à rouler souvent sur de supers spots alors qu'en DH tu passes ton temps à faire la queue aux remontées et sur la piste, tu fais 10km de vélo durant le week-end, entre des rubalises. La dh marathon est plus spontanée, naturelle, l'ambiance entre les pilotes est exemplaire, tu n'es pas au dixième près et tu découvres plein de supers singles. Une fois que tu y as goûté, tu ne veux plus faire que ca !
 
Côté job, tu travailles comme éducateur. Comment arrives-tu à concilier le travail et tes activités dans le vtt ?
Avec mon travail, j'ai la chance de beaucoup bosser en soirée ou la nuit, ce qui me laisse pas mal de temps pour m'entraîner ! En plus de cela mes collègues et mon chef de service sont très arrangeants, je travaille plus quand je n'ai pas de course et j'arrive à me libérer facilement pour les déplacements. Pour moi c'est important de ne pas tout miser sur le vélo, ça te permet d'avoir une vie sociale, de penser à d'autres choses, mais aussi de t'enlever de la pression sur les courses, car si tu loupe ta saison, si tu te blesses, il y a toujours à manger dans le frigo. Te replonger dans le boulot et le vélo reste une passion avant tout !! Maintenant, je ne dis pas que gagner ma vie avec le vélo m'embêterait, mais alors plutôt avec un investissement dans une marque que dans un projet uniquement en tant que professionnel (sur des compétitions).

Sinon, tes courses, tu les choisis toi-même ou tes sponsors donnent aussi leur avis ?
Je les choisis moi-même, je n'ai aucune obligation vis-à-vis de MBK. Je leur présente mon calendrier au début de saison, on en discute un peu, mais je n'ai aucune pression de ce coté la. Ils me font confiance, ils préfèrent me voir souriant et content d'être sur un déplacement plutôt qu'un coureur qui fasse la gueule parce qu'on l'a obligé à venir !
 
Côté sponsors toujours, avec lesquels travailles-tu pour l'élaboration de nouveaux produits ?
Je bosse principalement avec MBK, avec qui je développe les vélos enduros, mais pour qui je teste aussi des produits pour la première monte afin de voir la qualité ! Je reçois des protos de Marzocchi par l'intermédiaire de Stéphane Guillaume, à qui je fais un retour sur mes sensations et la fiabilité des produits. Idem pour DM3, Bollé, Kenny et Hutchinson qui m'envoient des nouveautés en avant-première pour tester, valider le produit ou donner les derniers détails à améliorer !

En dehors des compétitions, quelle sorte de bike pratiques-tu (enduro, dh, dirt, ...) ?
Un peu de tout en fonction de l'envie, de la météo, des potes et de la période dans l'année.

Quel est ton spot préféré et pourquoi ?
Autour de chez moi, car je connais les moindres recoins. Dans le massif Vosgiens on peut tout faire, les spots sont variés et supers ludiques !
Sinon en dehors de chez moi, j'aime beaucoup l'Oisans grâce à leurs grands domaines, les secrets spots techniques, la pente et la longueur.
 
Quel trip te fait rêver ? Et avec qui irais-tu rider là-bas ?
Le choix est dur car il y a beaucoup de pays que j'aimerai visiter. Actuellement en vélo, je pencherais bien pour la Nouvelle-Zélande, pour les nombreux spots, la mer et la montagne, découvrir l'hémisphère sud ! J'irais avec mes collègues habituels de voyage de route (road trip pour les anglais), autrement dit DJ Imbs, mon partenaire d'entrainement, ma chérie Pauline et Guillaume Heinrich, mon collègue de Freeride tour.
Mais le trip qui me fait le plus rêver n'est pas en bike, mais plutôt en ski où je rêverais de faire un petit séjour en Alaska, pour faire de l'héliski avec mon colocataire Kyou et enchainer des faces vierges pleines de poudreuse pendant des semaines, perdus dans la nature !

L'hiver, tu fais quoi ?
Je travaille, je fais la fête, je skie, je grimpe, je célèbre Noël et Nouvel-An, je vais voir des matches de basket, je me déguise, j'écoute de la musique, je passe du temps avec ma femme et mes amis...

Quel est le rider peu connu que tu aurais envie de nous présenter ?
Il y a un jeune cadet qui m'a impressionné en ce début de saison sur les courses régionales de descente. Il s'agit de Ludovic Oget, il roule sur un Giant d'enduro avec 140mm de débattement et avionne comme un dingue. Je ne le connais pas spécialement mais pour l'avoir vu pendant les reconnaissances et sur quelques passages en courses, je peux vous dire qu'il à un sacré coup de guidon, pas froid aux yeux et il risque d'être rapidement aux avant postes au niveau national. Il fait régulièrement dans le top 20 au Scratch avec son petit vélo.

Mot de la fin ?
Un grand merci à mes sponsors (MBK/kenny/Shimano/Marzocchi/Hutchinson/Pro/Bollé/Dakine/DM3/RazorImages), à ma Chérie Pauline, qui s'occupe trop bien de moi, à tous les gens qui m'entourent, sans qui la vie ne serait pas si belle et à ma famille pour leur soutien depuis le début !
Enfin n'oublions pas l'adage "Allez à fond Is The minimum".
Enjoy your life


Merci Jérôme pour ces réponses pleines de bon sens et bonne chance pour ce week-end !

Par Alban Aubert
 
fred le 30/01/2009 à 20h55
salut tu peut me pasé ton adrése msn un stp a+
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