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Life is Life : Christophe Sampaïo

Life is Life : Christophe Sampaïo

Skate

Qu’est ce qu’on peut faire quand on n’est pas pro et qu’on aime suffisamment le skate pour vivre dans ce milieu ? Une réponse parmi d’autres, celle de Christophe Sampaïo, boss de Toog’s Skateshop.

Qu’est ce qu’on peut faire quand on n’est pas pro et qu’on aime suffisamment le skate pour vivre dans ce milieu ? Une réponse parmi d’autres, celle de Christophe Sampaïo, boss de Toog’s Skateshop.




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boardslide à Rouen Présentation
24 ans. Skate pour Nine Yards, j’ai commencé à skater il y a 8 ans et demi à Savigny sur Orge. Ma première board, c’était une nude achetée à Hawai Surf. J’étais à bloc de skate.

Est-ce que ça a pris le pas sur le reste de tes activités ?
A fond. C’est devenu la seule activité, je me souviens même avoir zappé une semaine de cours pour aller skater. Dès que j’avais 5 mn, c’était pour ça.

A quel moment tu t’es dit que ça allait être ta vie ?
Dès le départ, ça a été le déclic. Je me suis dit que je ferai ça toute ma vie. Ma seule peur, c’était de me faire mal et d’être obligé d’arrêter, sinon je ne me suis pas posé de question pour la suite.
 
 
crooks au skatepark de Hyères Comment ça s’est passé avec tes premiers sponsors ?
Un des premiers sponsors que j’ai eu, c’était Neway : un skate/roller shop, qui faisait un peu de tout, du surf aussi. Il ne me filait que des bricoles, du grip, de la visserie… et il me faisait un prix sur les boards. C’était déjà super avantageux, quand tu n’a pas trop de thunes. J’en changeais tous les mois, c’était suffisant, j’avais assez pour me racheter une board. Je devais avoir 18 ans, quelque chose comme ça. A cet âge là, c’est super motivant de sentir qu’il y a quelqu’un qui t’appuies derrière.

Et la suite ?
J’ai commencé à faire des contests, mais ce n’était pas facile parce que j’avais un boulot qui me tenait les week-ends, j’étais pâtissier, je ne pouvais pas aller très loin. Le premier contest qui m’a motivé, c’était à Balard, lors d’un truc d’énervés. J’étais arrivé 10ème, j’étais super content, c’était la première fois que j’étais qualifié !
 
pro modèle de Christophe fraichement sorti chez Nine Yards Pour ce qui est des sponsors, ils t’ont contacté ou tu es allé les démarcher ?
Un peu plus tard, j’ai trouvé un autre shop, plus spécialisé, qui s’appelle Vertical Line. Lui, il me filait des boards complètes tous les 3 mois. Ca allait bien si tu faisais attention. Ensuite, j’avais un pote qui s’était maqué avec Nine Yards, ils m’ont proposé un petit contrat. Et voilà.

Est-ce que tu avais comme optique de devenir skater pro, ou tu voulais simplement évoluer dans ce milieu ?
Bien sûr que je voulais avoir un super niveau et devenir pro mais en fait, je ne me posais pas particulièrement la question de l’avenir. Tu peux toujours te dire que quand tu es motivé, tu arrives à ce que tu veux, mais être professionnel, je ne m’y attendais plus vraiment. On me l’a proposé, je n’allais pas refuser !
 
nollie noseslide à Nice Tu pouvais en vivre ?
Absolument pas ! C’est assez précaire comme situation. Si tu as plein de sponsors, tu peux t’en sortir. Par exemple, si chaque marque te file 2000 ou 3000 balles, en faisant des bonnes pubs, des bonnes parution (en admettant que les sponsors payent bien les paru’), ça va, c’est bon pour toi. Mais tu peux compter combien il y en a… ça ne fait pas beaucoup.

L’idée du skateshop, comment ça a fait son chemin ?
Honnêtement, depuis le début. Parce que devenir pro, tu sais rapidement que c’est un jeu difficile. En fait, je me suis fixé ce skateshop comme ambition. C’est surtout cette année (2001) que tout s’est accéléré, et ça été super rapide. J’ai cherché un emplacement, et puis j’ai trouvé ici (39 rue de l’abbé Grégoire 75006 Paris) en un clin d’œil.
 
 
Et pour ce qui est du côté financier ?
J’ai quasiment apporté toute la somme personnellement. Parce qu’en fait, tu te rends vite compte que les prêts bancaires sont durs à obtenir. Les gens savent que le skate est un marché qui est un peu aléatoire. Ça peut bien marcher pendant un temps et se casser la gueule aussi vite. Ils sont donc frileux, sceptique et surtout, ils prennent leur temps... Ça prend des mois avant d’obtenir des réponses. Comme je ne pouvais pas attendre, mon père m’a aidé. Il m’a prêté la somme de départ et je dois maintenant le rembourser chaque mois. C’est un peu plus sécurisant et surtout, il n’exige pas un remboursement immédiat.
 
 
flip tailslide back à Hyères Quels sont les difficultés que tu as rencontrées dans le processus ?
Le plus dur, c’est le départ. Pendant la mise en place, il faut être partout en même temps, sur tous les fronts, parlementer, démarcher les banques pour les comptes, les fournisseurs…

Comment ça se passe pour les fournisseurs ?
Il faut les appeler. Ils regardent où tu es placé, si tu n’entres pas en concurrence avec un magasin qui serait proche. Avec Toog’s, on a de la chance, il n’y a pas d’autre magasin dans le coin. Aucun fournisseur ne m’a pour l’instant dit « non, on ne veut pas travailler avec toi ». Quelque part, je pense que c’est un atout d’être vraiment un skater, de faire des contests pour diriger un magasin. Au moins, t’es crédible.
 
Bonus track
 
flip à Rouen
 
 
le magasin : 36 rue de l'Abbé Grégoire 75006 Paris

 

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