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L'interview du coach : Romain Bonnivard !

L'interview du coach : Romain Bonnivard !

Snow/ski
Coach du club de Méribel, ambassadeur NITRO de longue date, Romain Bonnivard est un gars motivé et impliqué dans le milieu du snowboard. Il évoque ici le matériel, le coaching et aussi le "problème français": l'abscence de BE Snow et de structures...

Derrière tous les kids qui montent, il y a souvent un gars pour les driver, les motiver, les faire progresser et leur transmettre les valeurs du snowboard. Appelez ça comme vous voudrez : un coach, un mentor... C'est surtout un gars passionné, doué, impliqué dans le snowboard et qui aime avant tout partager son savoir.

 

Romain Bonnivard est de ceux là. Nitro, pour qui il est ambassadeur depuis longtemps, nous le fait découvrir au travers d'une interview. Banco, nous découvrons avec plaisir un gars dynamique, qui cherche à faire avancer le snowboard dans le bon sens. Voyez plutôt :

 

 

Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours sportif avant de découvrir le snowboard ?

Je suis natif d’un petit village en Maurienne, Montaimont près de la station de ski de St François Longchamp. Mes parents nous ont mis (ma sœur et moi) sur les skis dès que l’on a su marcher, et après c’était parti…je ne pensais qu’à ça…Plus tard, vers l’âge de 6 ans, je faisais mon premier stage d’été à Tignes, j’étais le plus jeune du district de la Maurienne. Les têtes de liste s’appelaient Jean Pierre Vidal ou Pierre Dalcin, Guillaume Pomès…J’aimais bien la discipline du ski de compétition parce que c’était la grosse sensas’ sur la neige. En descente, par exemple, tu pousses deux fois sur les cannes et là, t’as les yeux qui pleurent, les jambes qui ballottent, mais t’es toujours à fond… En plus, au club, il y avait mon super pote Gui Gui, nous ne faisions que des conneries…mais on allait vite en ski, alors ça passait.

 

On faisait énormément de sport également, cependant le milieu me semblait bizarre, il fallait toujours être le premier. Premier à prendre sa douche, premier au chiotte, premier pour être devant dans le bus…alors que pour moi le plus important, c’était la sensas’.

 

A 17 ans, après quelques résultats intéressants, j’ai arrêté le ski au grand regret de mes parents et de mes coachs. Ce n’était plus drôle…Puis, j’ai vu un lyonnais faire un 360 front Indy sur une cassure…et là, pan ! Flash total…Je suis allé le voir, puis il m’a présenté à tous ses potes. Et on a ridé 5 ans ensemble les week-ends et vacances à Saint François.

 

Que représente le snowboard ?

Une façon de vivre, un état d’esprit, un équilibre…Une putain d’addiction tu veux dire ! Je ne pensais qu’à ça. De plus, comme je venais d’un milieu fermé et d’une vallée perdue, j’ai mis du temps à comprendre que Snowsurf était un mag français et que David Vincent était Grenoblois…15 ans de compétition de ski alpin, ça fait mal, je ne savais plus où j’habitais ! Je rêvais que je faisais des 720 par dessus des montagnes, que je passais dans les vidéos de Jamie Mosberg. Je planais grave…comme un kid !

 

Tu es avant tout un grand passionné de snow mais tu aimes aussi partager ton savoir…
Tu es donc naturellement devenu entraîneur pour le club de Méribel, le comité de Savoie mais aussi à titre privé…

Ca c’est le top, rider avec les kids de station, c’est ce que j’aime le plus ! Le partage, faire un tricks et que les petits le rentre en 2/2, trop bon…Mais c’est également énormément de responsabilités. Comme beaucoup de gens de chez nous, nous perdons des amis proches en montagne dans des avalanches ou en alpinisme…régulièrement. Lorsque tu fais découvrir ces sensations d’incroyable liberté à un gamin de 8 ans sur un bord de piste, et qu’il te dit : wahoo, c’est ça que je veux faire toute ma vie…Là, tu balises ! Le freestyle c’est différent, c’est toi contre toi.

 

Ta forme mentale, physique, ta détermination…mais surtout ta créativité, ton style (qui pour moi est un reflet de l’âme) sont certainement les mots qui définissent le plus la planche à limaçon.

 

     

 

Penses-tu que les marques, les médias, la FFS ainsi que les stations sont soudées pour faire évoluer le snowboard en France ?

Pas du tout…Le problème est que si l’on attaque à parler de ça, on n’en finira pas …

 

La France accueille les X-Games Europe, penses-tu que cet événement a un impact positif sur les stations, les marques, les médias et surtout sur le grand public ?

Bien sûr. En plus, les Français sont vraiment très forts…et commencent à être soudés. C’est la meilleure promo pour ces disciplines et pour les stations françaises, qui pour le coup, commencent à ouvrir un œil sur la réalité. Les directeurs d’exploitation ne sont pas tous des businessmen convaincus. La concurrence de l’Europe les bousculent un petit peu…Ils sont obligés d’anticiper les pistes du futur.

 

Et comme le futur, c’est nous, on est bien !

 

Au travers de cet évènement, nous avons pu constater que le snowboard freestyle plaisait énormément au grand public: de nombreuses personnes avaient fait le déplacement et il y a eu aussi un très bon retour aux niveaux des médias… Alors pourquoi, en France, le snowboard n’a t'il pas la même place qu’à l’étranger ?

Les institutions empiriques de l’enseignement ont sclérosé le développement de cette discipline et de ce marché. Je me rappelle que mon père se plaisait à me dire : Passe ton BE de ski, parce que tu ne gagneras pas ta vie avec le snow mon petit…il avait raison. Je me rappelle aussi que chez moi, à Saint François, les moniteurs avaient peur de cette discipline qui ne cessait d’avoir de nouveaux pratiquants. Ils craignaient que leur bout de pain et leur bout de lard ne soient volés par les reclus du ski.

 

Les conséquences ?

L’absence d’un BE Snow engendre plusieurs problèmes : des moniteurs pas assez compétents en snowboard, des Clubs plus tournés vers le ski alpin, un manque de considération pour le snowboard… Tout est interactif, les milieux, les réseaux, les évènement, les promos, les compétitions…Le problème est que les intérêts de chacun ne sont pas les mêmes. Regarder tous dans la même direction est très difficile en France.

 

Ex ; Tu t’appelles Barthélemy, tu est natif de Val d’Isère, tu rides et t’as le spirit qui va bien, mais tu ne peux partager tes connaissances de la montagne avec les autres jeunes avalins…le drame total ! Alors, si tu veux vivre chez toi convenablement, tu doit passer le BE de ski…

 

Je suis persuadé que si un BE de snow existait, que si des quotas étaient mis en place par l’ENSA et les écoles pour répondre à la demande, les clubs repartiraient. Et les parents des jeunes snowboarders s’inquiéteraient moins de l’avenir de leurs enfants !

 

 

 

Ta board préférée chez Nitro reste la Misfit, c’est donc un cambre classique, quel est ton ressenti au niveau des nouveaux cambres Nitro ?

C’est très intéressant, accessible et tellement ludique. J’aime bien la Misfit parce que c’est un groupe d’enfer et de la Zomb culture que j’adore ! Mais sinon, j’adore les petites boards flex avec tous les cambres possibles pour le rail ou le shred. Ces nouveaux cambres sont des outils très précieux pour les consommateurs occasionnels, qui ont ainsi plus de facilité à exploiter la board et donc plus de plaisir rapidement.

 

Voilà encore une innovation du snow qui va servir à toute l’industrie du ski, qui tout naturellement récupèrera ça à son compte…pas grave on a l’habitude !

 

En est-il de même pour les riders confirmés ?

Absolument, changer de matériel, c’est créer des déséquilibres, et ça ne peux que te faire progresser.

 

Pour toi, le snowboard a t-il fait énormément évoluer le ski ?

Evidemment ! Il y a eu le copier-coller sur les rayons, sur les spatules, le style (tenue vestimentaire, figures freestyle…) et maintenant les cambres.

 

Penses-tu que les cambres inversés auront autant d’impact sur le ski que sur le snowboard ?

Non, je ne pense pas, car (avec tout le respect que j’ai pour les skieurs freestyle), les perspectives de créativité et d’accessibilité sont plus riches en snowboard. A tous les niveaux d’ailleurs, du débutant au pro…

 

Notre gros problème reste que l’offre de l’enseignement français n’est PLUS à la hauteur de la demande étrangère. C’est l’Europe, faut se réveiller les gars, être cohérent dans nos produits et dans nos services !
De plus, on vit dans un monde à 200 à l’heure, il faut être hyper réactif…

 

Pour conclure, je reste persuadé que tout cela va se mettre doucement dans l’ordre : les générations se renouvellent, les directeurs des écoles de ski et des offices du tourisme sont (ou seront bientôt) de notre génération. Le dialogue est donc foncièrement plus ouvert… 

 

En savoir plus sur NITRO et Romain : http://fr.nitrosnbrds.com 

 

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