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Leçon de shape

Leçon de shape

surf matos
Comment un pain de mousse carré devient une machine à taper des rollers ! La lecon par un maître du rabot, Mr JP Stark himself, qui vous dévoile les différentes étapes nécessaires à la création d’une board qui marche.

Introduction
Une caractéristique des planches de surf est la multitude de leurs paramètres
de fabrication !

Cela a l'avantage de produire des planches de plus en plus performantes et mieux
adaptées aux besoins de chacun, mais aussi l'inconvénient de transformer le
monde du shape en un univers obscur au langage incompréhensible : templates,
foil, rocker, swallow tail, square tail, outline, V concave, channels, thruster,
6 pieds 6 pouces, 18 3/4…

Quand on est un surfer de niveau moyen il vaut mieux s'en tenir aux basiques
! La planche n'en sera que plus facile à utiliser. Quand on se met à l'eau irrégulièrement
ou 3 semaines par an, cela n'a pas de sens de surfer avec une planche de pro
!

Pour savoir choisir une planche il faut assimiler 3 paramètres :

Le rocker : la cambrure de la planche.

L'outline : la largeur " hors-tout " de la planche.

Le foil : l'épaisseur de la planche.


C'est une combinaison bien dosée de ces 3 éléments qui permettra d'adapter
une planche basique aux besoins de chacun !

L'art du shape
En vous mettant à l’eau, ou après une session
de rêve, vous êtes vous déjà interrogé sur l’énorme travail qu’il avait fallu à
votre shaper favori pour étancher votre soif de glisse ? Sans doute la réponse
suffit-elle à expliquer le manque de reconnaissance des professionnels de ce
secteur pourtant incontournable.



Le shape, véritable art, est un métier où la satisfaction de vos désirs les plus fous est une préoccupation de tous les instants. Bien que beaucoup le pratiquent, peu le maîtrisent car il demande persévérance, talents manuels, qualité d’écoute et, bien entendu, une bonne connaissance du surf.
Si un top 16 des shapers français existait, il y a fort à parier que Jean Pierre Stark en serait le leader incontestable… C’est donc pour nous montrer les différentes phases de la création d’une planche que nous l’avons contacté. Accompagné de " Txtx ", artisan-glasseur (prononcez tcheutche), il a accepté de nous ouvrir les portes de son atelier.

Voici donc la fabrication d’une planche de A à Z selon la méthode classique, c’est à dire la fabrication d’une planche basée sur un pain de mousse polyuréthane et de la résine polyestère, l’autre grande école étant le duo pain de polystyrène avec résine epoxy (surtout utilisée par Frog’s). C’est une technique qui est plus difficile et moins répandue, bien que présentant certains avantages (légéreté et solidité).

Ouvrez grands vos yeux, on est parti !






Le
décroûtage


S’agissant d’une commande un peu particulière en raison de la taille et des cotes, Jean Pierre est parti d’un pain de mousse de mini-malibu et a choisi de ne pas utiliser de robot pour préshaper le pain.

Lorsqu’il s’agit de boards " de tous les jours " cette première phase de décroûtage est la majeure partie du temps réalisée par une machine appelée robot à préshaper. Ce robot permet un gain de temps considérable en assurant le prédécoupage du pain.
La plupart des pains de polyuréthane (Clark Foam, Surfoam..) sont livrés pré-shapés. En fait, ils sont expensés dans un moule, puis coupés en deux, et recollés sur une latte centrale (ou plusieurs).


Le décroûtage, comme son nom l’indique, permet de dégrossir la future planche préalablement au travail de shape à proprement parler.






Traçage des cotes sur le pain de mousse

Les cotes donnent la longueur, la largeur et l’épaisseur de la planche
L’épaisseur, paramètre délicat entraînant un dilemme entre flottaison et maniabilité, se mesure avec un pied à coulisse géant bricolé (équerre en bois, réglet et T de dessinateur).




Le template permet le tracé des courbes qui vont constituer le repère du shaper lors du découpage du pain.

L’outline, c’est la forme du surf vue de dessus. Un outline très droit (en forme de bâton de glace) est rapide mais difficile à faire tourner. Un outline très rond est plus lent mais très maniable.

Pour mesurer l’outline, poser une grande équerre sur la latte centrale de la planche et mesure la demie largeur (tous les 5 cm)..









Découpe de
l’Outline


Découpe du pain, à la scie, suivant le tracé. Ce geste demande beaucoup d’attention, car il faut veiller à maintenir la scie la plus verticale possible. Avec de l’expérience, ca va tout seul. Il faut trouver le compromis vitesse/précision du geste!

Rectification à la cale des courbes

Outils : râpe à surfoam (longue et plate) et grande cale à poncer (papier de verre assez gros (50 ou 80)).

Il existe une alternative dans le cas du shape d’un pain de polystyrène (et résine epoxy) : la découpe au fil chaud qui consiste à faire fondre le matériau le long d’un template (gabarit) entier. Il suffit pour cela d’un chargeur de batterie, d’un fil "chaud" et d’un support de scie. Mais cette methode est peu appliquée dans le shape de surf.


Définition
du Rocker



Mesure du rocker : à l’avant (scoop) et à l’arrière (lift).

Le rocker définie la cambrure de la planche. Plus le choix se porte sur un rocker plat, et plus la planche gagne en rapidité…mais perd en maniabilité. Tout est donc affaire de dosage et d’envie.



Pour mesurer le rocker, mettre la planche sur le dessus, positionner la baguette au niveau de l’axe médian et relever avec un réglet la hauteur entre la latte et le dessous de la planche.




En partant d’un pain préshapé, vous devez normalement être très proche du rocker de vos rêve. Il suffit alors d’ajuster au rabot pour obtenir la courbe idéale. Mais dans le cas où vous partez d’un pain qui n’est pas préshapé (comme dans une solution pain polystyrène et résine epoxy), la définition et le shape du rocker se fait AVANT celui de l’Outline!







Shape de la carène


Le dessous de la planche peut être plat, en V ou concave et ces différentes formes peuvent changer de l’avant jusqu’à l’arrière.

En préambule, il convient de rappeler que les coups de rabots sont toujours passés dans le sens de la longueur du pain et d’un bout à l’autre sans jamais s’arrêter au milieu du pain (sinon, c’est un trou assuré).
Souvent soulever le pain pour l’observer en lumière rasante et voir si le travail est bien symétrique.

Le dessous servant de référence, c’est la raison pour laquelle les shapers débutent toujours par cette face.

Cette phase du shape, va consister à tailler les rails et donner la forme finale de la carène (V, concave...).








Définition du volume et des
rails



Après avoir vérifié l’épaisseur pour évaluer combien enlever de matière et profiler, le dessus est entamé. Puis, dans la même opération, Jean-Pierre exécute la tombée des rails qui sont ensuite arrondis à la grille. Il faut fréquemment poser le gabarit sur le pain pour approcher petit à petit de la forme finale.



La forme du rail donne plus ou moins d’agressivité à la planche. Un rail pincé pénètre bien dans l’eau et permet une bonne accroche. Un rail plus rond assure des courbes plus longues et plus stables à grande vitesse.

La tendance générale en matière de rails consiste à choisir des rails pincés sur l’arrière de la planche, doux au milieu de la board et plutôt ronds sur l’avant.

La mesure du rail se fait avec un réglet et une équerre.








Vérification de
l’équilibrage



Vérification de l’équilibrage général de la planche. A la lumière rasante (merci les néons à hauteur de la taille), on observe la planche sur toutes ses coutures. Il ne faut par hésiter à reprendre les petits défauts, sous peine de sortir un oignon! La finition est souvent ingrate, mais elle est nécessaire.


C’est également à ce moment qu’il faut tracer la position des dérives et marquer les cotes sur la latte, véritable "mémoire" de votre board.



Prochaine étape, la glaçage!





Shape
Express





Quelques outils :

- tréteaux (enrobés de moquette pour ne pas abîmer le pain de mousse)

- râpe à bois et râpe à surfoam (plate)

- équerre et crayon

- scie égoïne et scie sauteuse

- papier de verre (de 40 à 200)

- cale de ponçage

- rabot à bois électrique

- balayette




Les mesures :

L’emprise du système anglo-saxon étant de rigueur dans le milieu du shape, voici quelques exemples de conversions de cotes pour vous repérer.











Longueur · 5’11 = 1,80m

· 6’1 = 1,85 m

· 6’5 = 1,95 m

· 6’7 = 2 m
· 7’1 =
2,15 m

· 7’6 = 2,25 m

· 8’ = 2,43 m

· 8’3 = 2,50 m

· 8’11 = 2,70 m

· 9’2 = 2,80 m

· 9’6 = 2,80 m
· 9’10 =
3m
Largeur · 17’’3/4 = 45 cm

· 18’’ = 46 cm
· 18’’1/4 =
46,5 cm

· 18’’1/2 = 47 cm

· 18’’3/4 = 47,5 cm
· 19’’ =
48 cm

· 20’’ = 50,5 cm

· 21’’ = 53 cm
Epaisseur · 1’’15/16 = 5 cm

· 2’’2/16 = 5,5 cm
· 2’’3/8 =
6 cm

· 2’’9/16 = 6,5 cm

· 2’’3/4 = 7 cm


Au menu...

Pour clarifier sa production, JP Stark, shaper depuis plus de 20 ans a constitué une gamme de " produits " :




KID'S : Modèle conçu pour les jeunes ayant déjà un niveau correct!


BFX : ROCKER spécialement étudié pour un surfer étant plus en
appui sur sa jambe arrière. Un OUTLINE plus large sur l' arrière ainsi qu' un
FOIL en conséquence.


FFX : ROCKER spécialement étudié pour un surfer étant plus en
appui sur sa jambe avant. Un OUTLINE plus large sur l' avant ainsi qu' un FOIL
en conséquence .


FISH : Modèle performant dans les petites et moyennes conditions.
Un OUTLINE plus ventru et un FOIL plus épais permettent une meilleure flottaison.
Un arrière SWALLOW pour accrocher dans des conditions un peu plus creuses.


AEROCKET : (1' à 2' plus court qu' un FISH.)


MVX ROCKER très tendu pour générer de la vitesse dans les petites
conditions. Un OUTLINE et un FOIL étudiés pour la recherche de vitesse en adéquation
avec le ROCKER. Recommandé aux jeunes surfeurs fougueux !!!


BFX AIR ou FFX AIR : Déclinaison plus volumineuse
des modèles BFX et FFX Modèle spécialement performant dans les petites et moyennes
conditions grâce à un FOIL moins affiné aux extrémités, un rail plus plein style


FLAT DECK et BOXY. Un OUTLINE légèrement plus ventru.


SEA REINE : Modèle convenant au style de nos sirènes, pour un
surf moins agressif et plus stylé. BIG_ONE : Modèle convenant aux grands gabarits.
BIG_ONE_FISH : Modèle convenant aux grands gabarits pour les petites conditions.


FUNBOARD : Des modèles faciles pour privilégier le confort.


MINI MALIBU : Modèles conçus pour les surfers de niveau moyen.


CLASSIC LONGBOARD : Pour les amateurs de glisse à l' état pur.


HPLB LONGBOARD : L' expérience en shortboard de JP STARK appliquée
aux LONGBOARDS. Planches légères, performantes et maniables.


GUN : Pour les big_wave riders !


Enfin, pour comprendre comment un pain de mousse carré devient une machine
à taper des rollers et pour vous prouver que JP Stark sait de quoi il parle,
checkez la vidéo ci-dessous…


Texte : Alexis Deforges et Stéphane Iralour

Photos : Alexis Deforges et Stéphane Iralour

Vidéo : Alexis Deforges
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