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Petite sélection de vidéos

surf matos
La critique ? C'est fantastique.






Après s'être usé la rétine à mater ces vidéos, voici venu le temps pour votre serviteur de la « critique ». Un art difficile consistant à émettre un jugement définitif sur l'œuvre d'autrui alors que, par définition, l'appréciation d'une création artistique est éminemment subjective... Autrement dit, la chronique qui suit n'engage que moi puisque tous les goûts sont dans la nature.
Quel intérêt, me direz-vous alors, de se livrer à un tel exercice ? Tout d'abord, ça permet à la critique de voir un paquet de vidéos à l'œil, ce qui est déjà bien.
Ensuite, ça permet à la critique de déballer son arsenal de qualificatifs et de se la pétouiller grand spécialiste alors que pas forcément, et ça c'est top. Enfin, ça permet aux films et à leurs auteurs de se faire connaître... ce qui est peut-être l'essentiel, finalement.


1. Les videos de surf “classiques” :Tomorrow Today/second to none/new emission of sound and light/Lightning Strikes



Tomorrow Today : Tomorrow Yesterday ?

Sortie depuis quelques mois déjà, Tomorrow Today, 1ère production du mag newschool américain Transworld Surf, se veut une vidéo futuriste et même « révolutionnaire » (c'est écrit sur la jaquette). Mouais... Si le niveau d'action est énorme avec la crème californienne, Yadin Nicol, Clay Marzo, Dane Reynolds, Bobby Martinez et Mike Losness, en revanche le montage est plutôt « préhistorique ». Une enfilade d'images sur fond de rock pas trop bourrin (mais un peu soupe parfois) avec zéro mise en scène des surfers ni esquisse de scénario. Quelques phrases pseudo-métaphysiques sur l'avenir apparaissent néanmoins à intervalles réguliers comme pour servir de justification au titre de la vidéo, genre « le futur, c'est maintenant bla bla».

On a même le droit en guise d'épilogue à la sempiternelle séquence « les surfers sont des farceurs facétieux » : cette fois-ci pas d'allumage de pets (un grand classique) mais une scène de cramage de voûte plantaire de surfer qui dort. Mdr, comme qui dirait l'autre.

Bon ok, ce film ne vaut pas grand chose sur le plan artistique mais ça envoie du lourdissime : un paquet de airs mutants et des tubes et des carves à vous faire arrêter le surf. Le truc le plus dingue : une espèce de back-loop (comme en windsurf) parfaitement posé par Tim Curran.

En définitive, j'ai trouvé cette vidéo un peu ennuyeuse et décevante car l'excellence du surf produit par les boys est desservie par le « montage » à la hache. Une vidéo destinée aux jeunes qui veulent de l'action et pis c'est tout. Verdict de la critique unanime : 2.75/5




Second to None : bourrin mais bien.

Normalement, ne pouvant pas blairer la mouvance « hardcore » et localiste du surf, je devrais dire que ce film est une daube. Ben non, pas là. Parce que dans sa catégorie, la « surf-vidéo virile », cette vidéo tue tout. En gros : de l'action suicidaire des Bra boys à « Ours », vraiment flippante, du Teahupo'o et du Pipe mutants avec à chaque fois un niveau d'engagement surréaliste. Des tubes extrêmement longs aussi. On en prend plein les yeux et on ne s'ennuie pas une seconde malgré un montage là-aussi basique.
Bref, du gros, du violent, des cramés complets et pas mal de fesses, le tout sur du bon bourrin des familles, le produit est cohérent et spectaculaire. Comme quoi ne pas posséder de cerveau peut receler des avantages, très utiles pour la séquence wipeouts notamment. Une vidéo destinée à tout le monde sauf les féministes, les philosophes et les cardiaques. Verdict de la critique unanime : 3.5/5.




Lightning strike : tribute to Miktor

Une vidéo entièrement consacrée à Mick Fanning et à sa victoire de 2007 sur le worldtour. De belles images des différentes étapes, pas vraiment inédites pour ceux qui suivent le tour sur le net. Mick prend la parole (et son air de Droopy) pas mal de fois pour raconter son année 2007 et sa life, les hauts et les bas, son entraînement intensif, etc.
Bizarrement, beaucoup d'interventions de Kelly Slater...
Perso je l'ai trouvée un peu barbante et scolaire cette vidéo à la gloire de Fanning, mais elle saura intéresser les fans d'Eugene et de compétitions en général. Verdict de la critique unanime : 3/5.




New emission of sound and light : une merveille trop courte

Pour le coup, la critique jubile : enfin un objet combinant à la fois un niveau de surf extraordinaire avec une vraie dimension esthétique et des images d'une qualité rare. Il s'agit en fait d'un remix d'images issues de Secret Machines (excellente vidéo de chez Globe) calé parfaitement sur de l'électro de très bon goût (DJ Sasha). J'ai carrément plané pendant le visionnage tant c'est beau et harmonieux. J'ai ensuite compris la raison de la petite insertion sur la jaquette « ce film est à visionner de préférence entre minuit et 5 heures du matin ».
Le top du top, ce sont les ralentis aquatiques d'une beauté sidérale. Pas mal d'effets artistiques, un peu psychédéliques, qui m'ont fait penser aux vidéos cultes des 90's Bun Yip et the Green Iguana (de Billa). Côté action, Taj Burrow, les frères Hobgoods et Yadin Nicol notamment produisent un surf exceptionnel dans des vagues de rêve. Seul reproche : 32 minutes c'est trop court. Verdict de la critique unanime : 4.75/5 !






2.Les vidéos rétros et Longboard



Perch : l'ennui est au bout du nose?

j'ai beau adorer le Longboard, je me suis rarement emmerder à ce point devant mon écran. Des noses, des noses et des noses. Basta. C'est mou, dans tous les sens du terme, je crois même que je me suis assoupi pendant le 1er visionnage. Pas réussi à aller jusqu'au bout lors du 2ème. Bref : quel ennui ! Une vidéo destinée à ceux qui en assez de compter les moutons (là, ils compteront les noses) et aux intégristes du noseriding version ancienne. Verdict de la critique : 1.5/5.



Hot Buttered Soul : Fitzgerald story

Là, il faut faire gaffe parce qu'on s'attaque à un monument de l'histoire du surf. Une espèce de docu sur la célèbre famille Fitzgerald qui retrace une certaine évolution du surfing depuis les 70's.
Une sélection des séries de HB "Sultans of Speed", avec des séquences classiques de Morning of the Earth, A Winter's Tale, Fantasea, Storm Riders remontées par Mick Waters, avec les interviews et commentaires d' Andrew Kidman et Derek Hynd. Ceci dit je n'ai pas été transcendé par la chose, d'autant qu'une parfaite maîtrise de l'anglais est indispensable pour apprécier ce genre de film à sa vraie valeur. Une vidéo destinée à tous ceux qui aiment les courbes, le surf rétro et les balades folks. Verdict de la critique unanime : 3/5.




Come on Baby : the french longboard movie

Une vidéo de Yannick Loussouarn entièrement consacrée aux longboarders français du sud-Ouest : Antoine Delpéro, Romain Maurin, Thibaut Dussarat, Thimothée Creignou, Damien Castera, Clovis Donizetti... Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, les frenchies sont passés maîtres dans l'art de combiner les fondamentaux du longboard avec une certaine radicalité. Si l'on peut regretter la simplicité du montage (les séquences de chaque surfer se suivent de façon un peu monotone), on se réjouit en revanche du beau surf produit par les boys, avec une grande variété de style et de figure. La dernière séquence sur un gros reef basque démontre que nos longboarders ne font pas que dans le tricot (beaucoup de petites vagues estivales dans cette vidéo). Bref, une vidéo simple avec une zic sympa qui met à l'honneur les longboarders français grâce à des images et un son cools. C'est aussi un outil idéal pour décortiquer les différentes manœuvres et pour progresser. Bref, une vidéo destinée à tous ceux qui aiment le pur longboard ni trop à l'ancienne ni trop newschool. Verdict de la critique unanime : 3.75/5.




3. Le film qui parle de surf : zen and zéro

Ce film est loin d'être une nouveauté (il a été primé en 2006 comme meilleur film au festival de Saint Jean de Luz en 2006 entre autres) mais son originalité et la fraîcheur de son propos lui confèrent une place à part dans cette rubrique. Réalisé par Mickael Ghintör, c'est un « vrai » road movie qui raconte l'histoire authentique de 5 autrichiens qui partent en surf-trip le long de la côte pacifique, de Los Angeles au Costa Rica.
Des histoires de surfers, de loose, de bagnoles qu'on achète en croyant pouvoir les revendre avec un bénéfice, pour tenir le plus longtemps possible, avec comme Saint Graal la rencontre avec « Captain Zero », le mythique surfer-écrivain Allan Weisbecker. Un film drôle mais pas seulement parce qu'il remet un peu les pendules à l'heure à propos du fameux (fumeux ?) surf spirit et des blaireaux qui ne sont pas toujours ceux que l'on croit.
Le surfer pro Adrien Rapp à qui j'ai prêté le DVD dit ceci : « ce n'est pas une vidéo pour te motiver à aller mettre de gros mouv' mais plutôt pour comprendre pourquoi tu fais du surf et pas du tennis. (...) Les répliques, les personnages sont incroyables, comme ce basque qui dit que pendant sa jeunesse sa mère mesurait les vagues en "hauteur de frigo " pour filer des infos sur les vagues à ses potes qui appelaient chez lui(...)Je pense que dès que l'on sent que l'on n' a plus trop envie de surfer il faut mater cette vidéo et ça te rebooste direct ! Je me suis éclaté comme jamais à mater cette vidéo. On devrait forcer tous les jeunes à la visionner avant qu'ils ne se prennent la tête, pour savoir qui a fait le plus gros roll et ce genre de conneries (...) Alors petite morale de l'histoire : qui véhicule le mieux l'esprit du surf, le fameux « aloha », ces autrichiens ou les black-short de pipe ? ».
Verdict des 2 critiques unanimes : 4.75/5 !


Zedron (et rapus sur zen and zero).




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