Accueil » Surf » Mickey Dora
Mickey Dora

Mickey Dora

Surf
Mickey est mort mais "Da Cat" vit encore : Les chats ont neuf vies !



Miklos Dora n’évoque certainement pas grand chose pour les kids mais c’est normal ! Mickey est devenu un spectre des années passées : le maître de Malibu dans les années 50, la coqueluche des premiers films de surf sauce Hollywood dans les années 60, un des symboles les plus farouches de l’anti surf-business des années 70 avec toutes les contradictions que sa vie de "surfstar Bum" impliquait, un personnage énigmatique dont le nom ne laissait jamais indifférent. Si le terme de "légende du surf" souffre d’une surutilisation intensive, ça n’est pas le cas pour Miki qui compte parmi les 10 vraies légendes du surf, d’autant plus qu’il a quitté le monde des vagues un certain 4 Janvier à l’âge de 67 ans. Si Da Cat incarne une figure d’abord en Californie, on ne peut oublier la fascination qu’il avait pour la France. Un Mémorial aura d’ailleurs lieu à Guéthary en Février.

Mickey découvre la France en 1967 la première fois lors d’un trip. Il reviendra dans les années 70 après son arnaque de la compet’ en Californie où il partira avec le budget des sponsors. Il viendra se réfugier en France plusieurs années dans les années 70 vivant dans son camion VW blanc et vert alternant saisons d’hiver à Verbier et étés sur la Côte Basque. Avec un mandat d’Interpol aux fesses ! Avant d’être débusqué par erreur par les douaniers de St-Jean de Luz alors qu’il utilisait une combine dans une cabine téléphonique pour appeler gratos. Après un mois à la Villa Chagrin de Bayonne, il est extradé vers un pénitencier en Californie où il purgea sa peine. Entre 1974 et 1981, il couvrit plus de 300.000 km sur 4 continents, écumant les littoraux d’Inde, d’Afrique, d’Indonésie, d’Australie, de Nlle Zélande, d’Amérique du sud, sans compter des dizaines d’îles.

Ensuite, c’est le J-Bay sud-Africain qui séduira Mickey, trouvant une réplique hivernale avec plus de taille de son Malibu natal. Il revint en France il y a quelques années après que son hangar ait brûlé, emportant au passage son plus fidèle ami : Scooter Dog ! Le 5 Novembre 1996, Arte consacra le Chat dans une soirée Théma avec un sujet " A la Recherche du Chat" d’Ovidio Salazar qui signa là un documentaire en forme de polar essayant de cerner le mystère Dora.

On le vit plusieurs fois faire des apparitions au Biarritz Surf Festival . En 1992, il vint avec un masque en plastique transparent derrière lequel on reconnaissait Mickey mais qui déformait les traits de son visage. Mickey se déguisant en Dora, c’était ça son message !

Parce qu’il portait toujours un message. Eloquent et cultivé, il se servait de son charisme pour asséner les sales vérités du monde moderne dont il profitait aussi à fond pour continuer sa vie de surfer errant, qui n’avait jamais se résoudre à travailler. Un message qui le mettait souvent en porte à-faux par rapport à ses agissements. "Faites ce que je dis mais pas ce que je fais" ! Il a abusé de la confiance de beaucoup dans des anecdotes qu’on pourrait lister par centaines d’exemple mais c’était pour une juste cause : défendre un certain esprit du surf vis à vis de l’économie, des médias, dans une Californie qui a vu en premier éclore le surf de masse. Son apparition la plus remarquée et la plus contestée fut dans le film Surfers The Movie.

Parmi les nombreuses grandes phrases qu’il a pu déclamer à qui voulait bien l’entendre, il y eut celle-ci "Quand il y a des vagues, je suis complètement absorbé. Quand il n’y en a a pas, le surf n’existe pas. " Une belle formule pour clouer le bec à tous les Kooks, les Valley Sheeps qui s’appropriaient le surf pour colorer leur vie sociale, leur language et leur paraître en oubliant le principal : prendre des vagues en étant "focused".

Un jour que j’arrivais sur une petite île des Açores, une bande de locaux regroupé au sein d’un club appelé "les Coureurs de Vagues" accueillait notre groupe de surf Media avec différents panneaux où étaient inscrit des slogans du style " Nous ne sommes pas une autre brique dans le mur" " Ne parlez pas de nos spots". Parmi ces panneaux, il y en avait un qui disait "Mickey Dora is still alive".

Il s’est éteint chez son père adoptif en Californie, qui l’avait initié au surf dans les années 50 à San Onofre. Et comme par hasard, après plusieurs semaines de vilaines conditions, une houle d’une exceptionnelle qualité est venue balayer la France et Guéthary en particulier. Un cadeau d’adieu du Chat, sans nul doute !

Antony « yep » Colas - Agoride


vues: 5785 j'aime: 0
     



SUR LE FORUM